Quand on pense au Tango Bourges Basket, on pense forcément au basket féminin. Aux grands matchs. Aux titres. Au Prado. À cette couleur orange qu'on retrouve absolument partout.

Mais derrière tout ça, il y a surtout une histoire. Des joueuses, des entraîneurs, des bénévoles, des dirigeants, des jeunes qui arrivent et qui rêvent, un public qui pousse… Bref, tout ce qui fait qu'un club est un peu plus qu'une équipe.

Et c'est justement ce qu'on a compris en rencontrant Olivier Lafargue, entraineur du Tango Bourges Basket, Agnès Saint-Gès la Présidente et Élodie Naigre la capitaine de l'équipe.

Une grande famille, vraiment

Élodie Naigre est arrivée à Bourges il y a deux ans. Et lorsqu'on lui demande ce qui caractérise le mieux le club, elle ne cherche pas bien longtemps.

« L'esprit de famille, c'est vraiment quelque chose qui nous anime. »

Ce n'est pas forcément le genre de phrase qui révolutionne le monde du sport. Mais chez elle, on sent que ce n'est pas juste une formule.

Parce qu'une saison, ce n'est pas toujours simple. Il y a les victoires, les défaites, les moments où tout fonctionne et ceux où ça coince un peu plus. Et dans ces moments-là, avoir un groupe qui se connaît et qui se fait confiance peut changer pas mal de choses.

Élodie l'explique assez simplement : dans une famille, on peut aussi se dire les choses quand ça ne va pas. Parce qu'on sait qu'il y a quelque chose derrière. De l'affection, de la confiance, du respect.

« S'il y a un moment où ça se passe mal, ou si tu as des trucs à dire à quelqu'un, ça passera mieux. Parce que tu sais que cette personne-là, elle t'aime. Parce que c'est quelqu'un qui fait partie de ta famille. »

Et cette notion de famille ne s'arrête pas au groupe professionnel.

Au Tango, les jeunes du centre de formation sont régulièrement amenées à s'entraîner avec les professionnelles. Elles font partie du décor, mais surtout du projet.

« Pour moi, elles aussi font partie du truc. Parce qu'elles s'entraînent avec nous. »

« C'est vraiment des filles qui gravitent autour du groupe. Et nous, en tant que pro, je trouve qu'on les intègre vraiment dedans. »

Et parfois, celles qui gravitent autour finissent par entrer dedans.

C'est notamment le cas de Maëwenn, passée par le centre de formation et désormais intégrée au groupe professionnel. Une évolution qui fait forcément plaisir à voir pour un club qui veut continuer à former ses propres joueuses.

« L'histoire de Maëwenn aussi, elle est belle. Elle est au centre de formation. Maintenant, elle est avec le groupe pro. »

Et puis, quand une jeune du centre vient s'entraîner avec les pros, elle doit aussi avoir quelques petites étoiles dans les yeux.

Mais au fait… pourquoi orange ?

Question existentielle, pourquoi le Tango est orange ?

Parce que oui, quand on arrive au Prado, difficile de passer à côté.

La réponse est finalement beaucoup moins compliquée qu'on pourrait l'imaginer.

À l'origine du club, il y a un professeur de sport. L'équipe doit jouer un match, mais problème, pas de maillots. Alors il va chercher des chasubles dans son collège. Elles sont orange. Voilà.

Comme l'explique Agnès Saint-Gès, « la première année, il y a un prof de sport qui [...] n'a pas de maillot pour pouvoir faire jouer l'équipe. Et en fait, il va chercher tout simplement des chasubles au niveau du collège, là où il enseignait. Et il amène des chasubles oranges. Et en fait, l'histoire est née à partir de là. »

Parfois, l'histoire d'un club tient à pas grand-chose.

Ces chasubles vont finalement donner naissance à une couleur qui, des décennies plus tard, est devenue une véritable identité. Le orange du Tango, ce n'est donc pas seulement une couleur choisie dans un bureau. C'est une petite histoire de débrouille, comme il en existe tant dans le sport.

Et c'est plutôt sympa.

« Venez, venez, venez ! »

On en a aussi profité pour parler du Prado avec Agnès Saint-Gès, la Présidente du club.

Parce qu'une chose ressort de l'échange, à Bourges, on ne veut pas que les gens viennent simplement voir un match. On veut leur faire passer une soirée.

« À chaque match, on veut faire vivre un événement. »

Il y a évidemment le basket. Mais aussi tout ce qui se passe autour, le public, les animations, l'ambiance, les rencontres…

Et puis il y a cette volonté d'attirer des gens qui ne sont pas forcément des spécialistes du basket.

Dans la Nièvre, lorsqu'on parle de sport collectif, il y a évidemment un ballon ovale qui n'est jamais très loin. Mais finalement, pourquoi ne pas changer un peu ?

Pourquoi ne pas prendre sa voiture, aller à Bourges et découvrir une soirée au Prado ?

Agnès Saint-Gès a d'ailleurs un argument assez simple :

« Venez, venez, venez, venez. »

Difficile de faire plus clair.

Le sport féminin, aussi une histoire de transmission

L'entraineur du Tango, Olivier Lafargue, insiste également sur quelque chose qui dépasse largement les résultats sportifs, la place du sport féminin.

Les joueuses se donnent à fond. Elles s'entraînent, jouent, voyagent, enchaînent les matchs et portent aussi, à leur manière, une certaine idée du sport féminin de haut niveau.

Alors forcément, avoir du monde dans les tribunes compte.

Pas uniquement pour faire du bruit.

Mais aussi pour montrer aux jeunes filles qui regardent ces joueuses qu'elles ont leur place, elles aussi, dans le sport.

Agnès Saint-Gès le résume ainsi :

« ça sera vraiment montré que la place de la femme est importante. »

Ou comme le clâme l'entraineur :

« Venez soutenir les filles. Venez soutenir ces filles et ces hommes qui se battent pour que les filles ne soient pas classées en dixième catégorie, etc. Mais montre vraiment qu'elles font des choses fantastiques.

C'est des jeunes filles, des un peu moins jeunes filles, même si elles sont toutes jeunes, évidemment, qui se donnent corps et âme pour une passion qu'elles ont. Et je pense qu'ici, la passion, c'est quelque chose qui se ressent avec le public, avec ces filles qui sont sur le terrain.

Et donc, tout ce que vous pourrez faire pour venir les soutenir et les porter, ça ne sera que des choses fantastiques pour toutes vos petites filles ou vos arrières petites filles et tout ça. »

Et c'est peut-être là que le discours autour du centre de formation prend tout son sens.

Les jeunes regardent les professionnelles. Elles s'entraînent avec elles. Elles apprennent. Et peut-être qu'un jour, ce seront elles qui seront sur le parquet du Prado avec les mêmes ambitions.

Et maintenant, place à la saison

Sur le terrain, le Tango attaque une nouvelle saison avec un groupe qui a forcément quelques ajustements à faire.

L'effectif a évolué pendant l'intersaison et plusieurs nouvelles joueuses ont rejoint Bourges. Il faudra donc créer les automatismes, trouver les complémentarités et faire fonctionner tout ce petit monde ensemble.

Et ça, ça ne se fait pas en deux entraînements.

La saison 2025-2026 avait déjà montré que le niveau était particulièrement relevé en France. Bourges avait terminé deuxième de la saison régulière avant de retrouver Basket Landes en finale du championnat.

Cette année encore, les Tango devront composer avec une concurrence importante sur la scène française, mais aussi avec les exigences de l'EuroLeague.

Ce qui sera intéressant à suivre, c'est justement la manière dont ce nouveau groupe va évoluer.

Est-ce que les nouvelles vont rapidement trouver leur place ? Est-ce que les jeunes du centre vont continuer à pousser derrière ? Est-ce que l'expérience des joueuses déjà présentes permettra de créer ce fameux esprit de famille dont parle Élodie Naigre ?

C'est probablement là que se trouve une partie de la réponse.

Parce qu'au Tango, l'objectif reste forcément de gagner. On ne vient pas à Bourges pour simplement faire joli dans le championnat.

Mais le club semble aussi vouloir continuer à construire quelque chose autour de son identité : former, transmettre, rassembler et faire vivre le basket féminin.

Et puis il y a le Prado. Un public. De l'orange partout. Et un chant a apprendre pour, comme le dit, la capitaine :

« Venez vivre des émotions. C'est tout. Si vous avez passé une semaine compliquée, venez le samedi ou le dimanche et on vous fera vivre des émotions. »

Alors amis Nivernais, si vous connaissez déjà le chemin du stade du Pré-Fleuri, il n'est peut-être pas si compliqué de prendre une fois la direction de Bourges. Histoire de découvrir ce fameux ballon orange.