À Pouilly-sur-Loire, la Tour raconte le vin
Photo The Vox
Nevers et Nièvre · Emilien Court ·Le
Un verre de Pouilly Fumé, c’est d’abord un bout de terre, une saison de soleil et des mains qui ont travaillé. Après onze mois de chantier et 2,3 millions d’euros, La Tour du Pouilly Fumé rouvre ses portes avec une visite qui raconte cette rencontre par les yeux, le nez et le palais.
Quinze ans, et une seconde vie
Au 30 rue Waldeck-Rousseau, à Pouilly-sur-Loire, la silhouette n’a pas bougé. Tout le reste, si. Ouverte en 2010, La Tour du Pouilly Fumé a fêté ses quinze ans la saison dernière. Puis elle a fermé pour travaux. Onze mois. Budget global : 2,3 millions d’euros, portés par la communauté de communes Cœur de Loire, qui en fait l’un des projets phares du mandat 2020-2026.
L’ambition affichée dépasse la Maison des vins. La Tour veut devenir la porte d’entrée du territoire. On y vient pour le Pouilly. On repart avec une idée de balade, une table, un gîte. L’Office de tourisme Bourgogne Cœur de Loire est installé sur place.

La terre, le soleil, les gens
Le parcours tient sur 360 m² et trois salles. Il a été conçu à plusieurs mains : l’Atelier de scénographie Mathilde Meignan, le bureau d’architecture Panorama de Josselin Vamour, l’Office de tourisme et le syndicat viticole de l’AOC Pouilly Fumé.
La première salle suit une année de vigne. Tailler, soigner, attendre, vendanger. Le soleil fait sa part, les vignerons font la leur, et le raisin devient millésime.
La deuxième descend sous nos pieds. Sols, sous-sols, paysages. C’est la thèse du lieu : il y aurait autant de Pouilly Fumé que de parcelles. Même cépage, le sauvignon, mais pas le même caillou, pas la même pente, pas le même vin.
La troisième remonte vers les visages. Celles et ceux qui font le vignoble aujourd’hui, un collectif qui doit composer avec le climat qui change et des consommateurs qui ne boivent plus comme avant.
Pour raconter tout ça : projection immersive à 180°, hologrammes, écrans tactiles, immersion sonore. Le pari est assumé. « Aujourd’hui, le visiteur veut interagir et participer à une aventure », explique la scénographe Mathilde Meignan.
Le nez avant la bouche
Le moment le plus simple est peut-être le plus fort. Dans une cave voûtée, la Cave aux Arômes, créée par le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne, aligne ses cornues. Dix familles aromatiques des blancs de Pouilly, recréées uniquement à partir de produits naturels. On se penche, on renifle, on cherche le mot. Deux nouveaux arômes ont été ajoutés cette année.

Ensuite, on passe au verre. Un nouvel espace accueille une dégustation commentée de quatre vins : un Pouilly-sur-Loire, issu du chasselas, et trois Pouilly Fumé. On compare, on hésite, on finit par trouver celui qui nous ressemble. Les enfants ont droit à leurs sirops.
Dehors, un jardin ouvert à tous prolonge l’expérience. Plantes aromatiques, fruits, baies : tout ce qu’on vient de sentir dans le verre, on le retrouve en terre.
Infos pratiques
- L’Immersive (12 €, environ 1h30), L’Essentielle (9 €, 1h), La Sensorielle (7 €, 45 min).
- Février, mars, novembre, décembre : 14h à 18h. Avril à juin, septembre, octobre : 10h à 13h et 14h à 18h. Juillet, août : 10h à 19h.
- Fermé le lundi, sauf en juillet et août. Dernière visite une heure avant la fermeture.
- Sans réservation, sauf groupes de plus de 10 : 03 86 24 04 70.
- Bon plan : sur présentation d’un billet TER valide, une entrée achetée, une entrée offerte.
Un bout de terre, une saison de soleil, des mains. La Tour du Pouilly Fumé a mis des écrans, des hologrammes et des parfums autour. Mais au bout du parcours, c’est toujours la même rencontre qu’on tient dans son verre.








