La cantine de l'école maternelle du Mouesse menacée de fermeture : les parents montent au créneau
Nevers et Nièvre · Théo L.V. ·Le ·
C'est une décision qui passe mal. À la rentrée prochaine, les enfants de maternelle de l'école du Mouesse ne mangeront plus dans leur propre cantine ils devront rallier celle de l'école primaire, à environ 160 à 200 mètres de là. Une réorganisation présentée comme logique par la municipalité, vécue comme un problème par les familles.
Une décision qui ne passe pas
Officiellement, la fermeture de la cantine maternelle découle d'une décision de la directrice de réduire le nombre de classes de maternelle. Moins d'élèves, donc moins de monde à table — la ville estime que ça ne justifie plus de maintenir une cantine dédiée sur place. Eddy Di Prima, parent d'élèves élu, conteste cette logique.
« Le nombre d'enfants de maternelle ne change pas. C'est juste qu'ils ont réorganisé la classe. »
Les chiffres eux-mêmes restent flous. Entre 33 et 38 élèves sont attendus à la maternelle l'année prochaine. Combien mangeront réellement à la cantine ? Impossible à dire pour l'instant, les familles n'ayant pas encore rempli les documents d'inscription pour la rentrée.
Au-delà des chiffres, c'est l'aspect pratique et la sécurité des tout-petits qui inquiète le plus les parents. Faire traverser 160 mètres à des enfants de maternelle, par tous les temps, c'est loin d'être anodin.
« Imaginons la tempête qu'on a eu l'autre soir. Comment les enfants de 2 ans et demi font pour faire ce trajet ? », interroge Eddy Di Prima.
Sans compter que le rythme actuel des plus jeunes est bien rodé : repas à la maternelle, petite récré, sieste. Un déplacement casse ce tempo.
La question du personnel se pose aussi. Un poste en retraite côté primaire, une dame de cantine de maternelle qui serait transférée en primaire, les parents sentent que derrière la décision, il y a peut-être aussi une question de ressources humaines mais sur ce point, ils n'ont pas encore obtenu de réponse claire.
Pétition, recommandé, et rendez-vous vendredi
Eddy Di Prima n'est pas resté les bras croisés. Il a contacté Amandine Boujlilat, fondatrice du mouvement politique et citoyen « Pour Vous* », qui l'a accueilli dans ses locaux et l'a aidé à lancer une pétition en ligne. En moins de 24 heures, sans même avoir diffusé le lien aux autres parents d'élèves, la pétition comptait déjà entre 110 et 120 signatures, relayée notamment par Wilfried Séjeau, élu d'opposition au conseil municipal au sein du groupe « Demain, Nevers ». Des affiches avec QR code sont prévues pour les prochains jours.
Il s'est aussi rapproché des parents d'élèves de l'école Lucie Aubrac, confrontés récemment à une fermeture de classe. Leur conseil, envoyer un recommandé à la mairie pour décrocher un rendez-vous avec le maire. Une démarche qu'Eddy Di Prima compte entreprendre si la réunion de vendredi ne donne rien.
Car c'est ce vendredi à 14h qu'une rencontre est prévue avec Chrystel Pitoun, adjointe au maire déléguée à l'enfance et à l'éducation. Les parents ont leurs questions bien en tête : pourquoi cette décision, puisque le nombre d'enfants reste globalement le même ? Et pourquoi la directrice de l'école ne semble-t-elle pas s'exprimer sur une décision prise, en partie, à partir de la sienne ?
Si rien ne bouge, les parents évoquent une alternative. Pourquoi ne pas accueillir les CP dans la cantine maternelle pour compléter les effectifs ? Ces élèves connaissent déjà les lieux, ils y mangeaient encore l'année dernière.
Eddy Di Prima le rappelle lui-même, ses propres enfants sont en primaire, pas en maternelle. C'est en tant que représentant élu des parents qu'il s'est saisi du dossier. Une posture qui dit quelque chose sur le sentiment qui domine, celui d'une décision prise sans vraiment consulter ceux qui vivent l'école au quotidien.
Le rendez-vous de vendredi sera un premier test. Les parents espèrent un dialogue, pas une fin de non-recevoir. Mais si la porte reste fermée, la pétition, les affiches dans les rues et les courriers recommandés ne sont que les premières étapes d'un rapport de force qui pourrait s'installer dans la durée.
Contactée par nos soins, Chrystel Pitoun, adjointe au maire déléguée à l'enfance et à l'éducation, n'avait pas encore répondu à nos sollicitations au moment de la publication de cet article.








