Sapeurs-pompiers : la Nièvre soutient la mobilisation du 13 août et interpelle l'État
Crédit Photo : Vladimir Srajber
Nevers et Nièvre · Antoine Lazare ·Le ·
Ce mercredi 13 août, les pompiers de France posent leurs revendications sur la table. Le Département de la Nièvre les rejoint, et renvoie l'État à ses responsabilités.
Dans un communiqué diffusé le 12 août, Fabien Bazin, président du Conseil départemental, apporte son soutien à la journée nationale de mobilisation. Avec lui, les élus du groupe « Vivre la Nièvre écologique et solidaire ». Derrière le geste de solidarité, un message politique assumé.
Un été qui laisse des traces
L'appel des pompiers ne tombe pas de nulle part. L'été a été rude. Des incendies exceptionnels ont mobilisé les soldats du feu pendant des semaines, professionnels comme volontaires, souvent loin de leur département et de leurs proches.
Pour cette journée du 13 août, leurs organisations réclament trois choses. Un financement qui tienne dans la durée. Des effectifs qui suivent la hausse des interventions. Une vraie attention portée à leur santé et à leur sécurité.
« Ces demandes sont légitimes. Je veux leur apporter mon soutien », affirme Fabien Bazin.
Ce que paie déjà le Département
Premier financeur du SDIS, la collectivité avance ses chiffres. Sa contribution est passée de 10,7 millions d'euros en 2022 à 12,8 millions en 2025, puis 13,8 millions cette année. Objectif affiché : des équipements modernisés et des effectifs renforcés.
Le Département mise aussi sur le volontariat, vital dans un territoire rural. Depuis 2023, une convention avec le SDIS permet à ses propres agents de s'engager comme pompiers volontaires. Ils sont 22 aujourd'hui à mener cette double vie.
Autre initiative citée : le Débat de la Nièvre, à Montreuillon. Trois cent cinquante participants, sept propositions concrètes, et un texte baptisé « l'Appel de Montreuillon » pour soutenir l'engagement des volontaires.
La balle est dans le camp de l'État
C'est le cœur du message. Le Département assure prendre sa part, mais prévient : il ne tiendra pas seul.
L'alerte n'est pas neuve. Dès 2023, les responsables du SDIS de la Nièvre décrivaient un financement « à bout de souffle ». Trois ans plus tard, l'été 2026 leur donne raison.
Les besoins grimpent et ne redescendront pas. Feux plus nombreux, plus violents, climat qui se dérègle, matériel à renouveler. Fabien Bazin réclame un engagement de l'État « dès le projet de loi de finances pour 2027 ».
« La sécurité civile est une responsabilité collective et nationale », conclut-il. « Nous ne pouvons pas, à chaque crise, saluer l'engagement de nos sapeurs-pompiers sans leur donner durablement les moyens d'exercer leurs missions. »
La question n'est pas qu'un problème nivernais. Partout en France, les départements ruraux tiennent leurs casernes à bout de bras, avec des volontaires qui vieillissent et des budgets qui se tendent. La Nièvre parle donc fort, mais elle parle pour beaucoup.
Reste à savoir qui écoute. Le rendez-vous est fixé : le projet de loi de finances 2027, à l'automne. D'ici là, les pompiers auront éteint d'autres feux. Et posé, encore, la même question.









