Et si tradition et avant-garde, loin de s’opposer, n’étaient en effet que les deux facettes d’une même médaille ? C’est en tout cas ce que suggère l’œuvre du pianiste cubain et new-yorkais d’adoption Aruán Ortiz qui, depuis déjà trente ans, ne cesse de remettre sur le métier l’héritage de son île natale pour mieux le projeter dans la modernité. L’un de ses albums n’est-il pas intitulé Cub(an)ism, faisant ainsi rimer « Cuba » avec « cubisme » ? Virtuosité, engagement rythmique, toucher hyper percussif : le natif de Santiago incarne à sa manière un certain style afro-cubain, dont il sait néanmoins élargir les perspectives à travers une hardiesse harmonique et conceptuelle des plus contemporaines. Travaillée en profondeur par les processus de créolisation, sa musique s’affirme ainsi comme une redéfinition saisissante des contours de la musique diasporique afro-américaine.
Aruán Ortiz piano
Brad Jones contrebasse
Gerald Cleaver batterie