Ma première incarne à la trompette ce que le jazz peut offrir de plus lyrique aujourd'hui ; mon second est un magicien de l'accordéon qui a accompagné les plus grands chanteurs – Claude Nougaro au premier chef – sans jamais perdre de vue l'aventure de l'improvisation. Assurément, Airelle Besson et Lionel Suarez étaient faits l'un pour l'autre, musicalement s'entend. Après une première collaboration placée sous le signe du tango au sein du Quarteto Gardel, leur duo a pris forme il y a dix ans déjà. Patiemment, ils ont pris le temps de laisser la musique éclore, jusqu'à accoucher tout récemment d'un premier album en apesanteur, petit miracle de fragilité et d'assurance mêlées. À ce stade, leur complicité a atteint un tel degré qu'il devient impossible de démêler qui accompagne qui ou qui a signé quelle composition. Ne subsiste plus qu'un sentiment d'osmose, quand le souffle de l'une et le soufflet de l'autre ne font plus qu'un.
Airelle Besson trompette
Lionel Suarez accordéon