Depuis son premier récital à l'Université de Buffalo en 1976, il y a exactement cinquante ans, Joëlle Léandre n'a cessé, tout au long de sa riche carrière, de se confronter à l'exercice si particulier du solo de contrebasse : peut-être les « anciens » se souviendront-ils de son magistral concert à D'Jazz Nevers en 1997 ? Véritable corps-à-corps avec l'instrument, chacune de ces prestations improvisées en repoussent les limites techniques pour en extraire des sonorités inouïes : archet vrombissant, harmoniques jaillissant de nulle part, effets percussifs, et on en passe. Ici et là, une voix surgit, chantant, s'exclamant, commentant parfois. Mais un solo de Joëlle Léandre, c'est surtout cette présence totale à l'instant, cet investissement absolu dans la musique, incarnation d'une éthique radicale qui ne saurait concevoir la création que comme une aventure sans cesse recommencée.
Joëlle Léandre contrebasse