Une vocation née d’Anna Politkovskaïa

Paul Gogo cite la journaliste russe assassinée dans les années 2000, dont le travail sur les guerres de Tchétchénie faisait référence des deux camps du conflit. La leçon retenue, raconter un conflit du début à la fin, y compris pendant les périodes que les médias délaissent. Arrivé dans le Donbass un mois avant le début de la guerre en 2014, il s’est promis de suivre ce conflit jusqu’à son terme, même désormais interdit de séjour en Russie.

Un transsibérien pour faire parler la Russie

Pour écrire Moscou Parano, Paul Gogo a traversé le pays de Vladivostok à Moscou en train de nuit, multipliant les arrêts. Dans un pays où la parole se raréfie, les wagons restent selon lui l’un des derniers endroits où les Russes acceptent encore de se confier, parfois pendant huit jours de trajet.

Des rencontres entre propagande et dignité

Le livre croise des agents du FSB, des déserteurs, une mondaine francophone convaincue que l’Occident a inventé l’homosexualité pour détruire l’âme slave, ou d’anciens militaires rongés par la colère. Beaucoup répondent, explique t il, par devoir de dignité, pour montrer que tous les Russes ne soutiennent pas la guerre.

Entre Hunter S. Thompson et rigueur journalistique

Suggérée en cours d’écriture, la référence à Hunter S. Thompson, l’auteur de Las Vegas Parano autorise l’humour et quelques touches personnelles, notamment sur les obstacles bureaucratiques imposés aux journalistes étrangers. Dernier correspondant freelance français à Moscou, Paul Gogo voulait livrer le témoignage le plus récent possible sur ce pays. Son prochain projet l’emmènera sur la frontière européenne, entre Pologne, Pays Baltes, Moldavie et Finlande.

Moscou Parano, la Russie de Poutine mise à nu, de Paul Gogo, est publié aux éditions du Rocher.