Un personnage né un 16 septembre 1974

Casimir a fait son apparition pour la première fois le 16 septembre 1974 sur la troisième chaîne de l’ORTF. Pendant près de dix ans, de 1974 à 1982, et durant presque 1 000 épisodes, ce « monstre gentil » a marqué des générations d’enfants. Avec sa silhouette rebondie :157 cm de tour de taille, ses facéties et son plat fétiche, le gloubi-boulga, il a enchanté les écrans de l’ORTF, puis de France 3 et TF1. Un succès qui doit beaucoup à Yves Brunier, comédien et marionnettiste, qui lui a donné vie en enfilant une combinaison en mousse et jersey pesant près de 10 kg.

Une ambition pédagogique derrière les rires

Imaginé avec Christophe Izard, autre figure des programmes jeunesse disparu en 2022, Casimir n’était pas qu’un simple divertissement. « L’île aux enfants » se voulait « pédagogique et ludique », expliquait Yves Brunier en 2014, à l’occasion des 40 ans de l’émission. Derrière les maladresses et la naïveté du personnage se cachait une véritable ambition éducative : « Bien que Casimir soit un monstre, il avait la psychologie de son public. Il faisait les bêtises que les enfants rêvaient de faire, il leur permettait de développer leur langage, parlait de protection de l’environnement, de tolérance. »

Un personnage en trois mots

Pas moraliste, mais parfois de mauvaise foi, Casimir se résumait en trois « G » selon son co-créateur : « gaffeur, gourmand, gentil ». Ces traits de caractère, couplés à un humour irrévérencieux et une impertinence poétique, que ses enfants ont souligné dans leur communiqué, ont fait de lui une figure incontournable de la télévision jeunesse. Son héritage dépasse d’ailleurs le simple cadre de « L’île aux enfants » : Yves Brunier a aussi donné vie à d’autres personnages marquants, comme Footix, la mascotte de la Coupe du monde 1998.

La fin d’une époque

Avec la disparition d’Yves Brunier, c’est toute une époque de la télévision française qui s’éteint. Celle où les enfants se pressaient devant leur écran pour retrouver leur dinosaure préféré, celui qui, malgré son apparence imposante, savait parler à leur cœur. Comme l’a écrit sa famille, « son humour irrévérencieux et son impertinence poétique continuent de nous accompagner ».

Le dinosaure orange a perdu son créateur, mais son souvenir, lui, reste bien vivant.