À l'origine de cet incident, la présence probable d'une bouteille de parfum ou d'alcool dans le cercueil du défunt.

Alors que la crémation s'est largement démocratisée depuis les années 1980, elle est devenue le choix de près d'une personne sur deux quant à la destination du corps après le décès : 46 % des défunts en 2024. Mais cette pratique funéraire est strictement encadrée et suppose le respect de règles qui garantissent la sécurité du personnel et du matériel dans les crématoriums.

Pour Aymeric, conseiller funéraire à Paris, "déposer des objets dans le cercueil d'un proche est une demande très courante des familles". Pour autant, tout n'est pas permis : "il appartient au conseiller funéraire, face à une telle demande, de préciser à la famille ce qui est possible, ce qui ne l'est pas et pourquoi ça ne l'est pas".

De façon générale, c'est le Code général des collectivités territoriales qui fixe les règles. Sont interdits, dans tous les cas, les objets non biodégradables ou dont la combustion pourrait dégager des vapeurs toxiques, comme certains plastiques ou les matières synthétiques.

Impossible donc de partir avec son smartphone, sa montre connectée, des munitions ou tout autre produit possiblement explosif ou inflammable, ce qui inclut l'alcool et le parfum. De même sont prohibés les appareils contenant une batterie ou des piles. Les dispositifs cardiaques comme les pacemakers font d'ailleurs l'objet d'un retrait systématique lors des soins post-mortem.

Les objets en métal sont quant à eux fortement déconseillés, voire interdits selon les crématoriums : ils ne brûlent pas, fondent difficilement et peuvent endommager l'appareil ou générer des résidus problématiques. Les bijoux, bien que souvent acceptés en raison de leur petite taille, survivent en réalité à la crémation et se retrouvent mêlés aux cendres.

Chaque crématorium dispose d'ailleurs de son propre règlement. L'enjeu est important : la température normale d'un appareil crématoire est de l'ordre de 850 à 900 degrés, son fonctionnement étant assuré par du gaz naturel. Tout incident peut provoquer un incendie, une explosion et mettre gravement en danger le personnel.

L'indisponibilité d'un appareil crématoire, qui peut durer plusieurs mois suite à un incident, induit par ailleurs une difficulté supplémentaire pour les familles. Le recours croissant à la crémation, alors que les capacités des crématoriums restent limitées, contraint les usagers à se tourner vers d'autres établissements, souvent plus éloignés, ou à différer la tenue des obsèques.

Pour Aymeric, "en dernier lieu, c'est au personnel funéraire, lors de la fermeture du cercueil, de s'assurer que rien, aux côtés du défunt, ne présente de danger en vue de la crémation". Cette mission revient généralement au maître de cérémonie et elle est capitale : "une fois fermé, le cercueil est scellé sous la surveillance des autorités (le plus souvent la police) et plus aucun contrôle ultérieur n'est possible. Les crématoriums sont donc obligés de faire confiance aux opérateurs funéraires."

Alors, pour le dernier voyage, vous pourrez emporter des livres, des photos, des objets en bois, des fleurs, mais il faudra laisser votre whisky ou votre parfum préféré dans le monde des vivants.