« Bleu de Nevers » : quand la musique rencontre la faïence
Nevers et Nièvre · Par Théo L.V. ·Le jeudi 12 mars 2026 à 14h17 ·mis à jour le 12/03/2026 à 14:49
Ce dimanche 15 mars, la Maison à Nevers se transformera en quelque chose d'un peu inédit. L'Orchestre d'Harmonie de la ville propose "Bleu de Nevers", un concert pas tout à fait comme les autres, où la musique et la faïence partagent la même scène.
L'idée vient de Yann Bail, le nouveau directeur musical de l'orchestre. C'est lui qui a eu le déclic, il y a un an, à peine nommé à la tête de l'orchestre :
« C'est un concert-spectacle qui m'est venu lors de ma nomination. J'avais envie de mettre à l'honneur un pan de l'histoire de la ville de Nevers, de la faïence et du Bleu de Nevers. »
Alors, ça se passe comment ?
Dès 16h, les portes ouvrent avec une petite expo de pièces issues du Musée de la Faïence et des Beaux-Arts de Nevers. Des médiateurs seront là pour vous raconter l'histoire derrière les œuvres : idéal pour se mettre dans l'ambiance.
À 17h, le spectacle commence. Sur scène, une soixantaine de musiciens et deux faïencières, Carole Georges et Clair Bernard, qui créeront leurs œuvres en direct, pendant que l'orchestre joue. Leurs gestes seront filmés et projetés sur grand écran.
« L'idée c'est d'associer le plaisir de l'écoute, mais aussi du visuel. J'ai une affection particulière pour les projets qui mêlent musique et dimension artistique plus large. » confie Yann Bail.
Au programme : du bleu, évidemment
Trois pièces, toutes liées à cette couleur emblématique. "Rhapsody in Blue" de Gershwin d'abord, avec le pianiste invité Vincent Balse, « instinctivement, la première pièce que j'ai trouvée », sourit le directeur. Puis "Blue Shades", aux saveurs jazz et enfin "Symphony of Colours" de Philip Sparke. « Trois pièces, trois émotions », résume simplement Yann Bail.
Rencontre artistique
Ce qui rend ce projet attachant, c'est aussi d'associer des disciplines artistiques qui ne se croisent pas forcément. Jean-Pierre Biard, président de l'orchestre, le dit bien :
« Le musicien est un artiste, l'artisan d'art aussi. Là, on réunit des artistes qui ne se côtoient pas toujours, et c'est une bonne occasion de travailler ensemble et de mieux se connaître. »
Un rapprochement qui fait sens à Nevers, où la faïence est ancrée dans l'histoire depuis la Renaissance mais reste parfois méconnue.
« La faïence de Nevers est connue dans toute la France, mais beaucoup de Nivernais ne savent pas forcément ce qui se passe dans les ateliers », remarque t-il.
La scénographie jouera également un rôle important dans l’expérience proposée au public. Éclairages, projections et mise en scène accompagneront la musique pour renforcer l’immersion. « La lumière peut aider à transmettre une émotion et à aller plus loin dans l’univers proposé par la musique », souligne Yann Bail.
La surprise du direct
Pour les faïencières, c'est aussi une première. Elles ont écouté les morceaux, imaginé ce qu'elles pourraient créer mais la vraie rencontre restera une inconnue. Carole Georges le dit avec enthousiasme :
« On a réfléchi à ce qu'on allait dessiner, on a écouté les pièces mais la rencontre sera une surprise autant pour nous que pour le public. Autant jouer de la musique que dessiner quelque chose à la main, c'est toujours un peu différent. C'est ça qui fait le charme du concert en direct et de l'artisanat d'art. »
Et pour Yann Bail, l'ambition est claire, ouvrir le scène classique à un public plus large, plus jeune, plus curieux. « Associer la faïence à la musique, c'est quelque chose d'original qui peut parler à beaucoup de monde. Je crois qu'on peut toucher des plus jeunes. »
La musique, elle, n'a pas besoin de mode d'emploi. Comme le rappelle Carole Georges :
« On n'a pas besoin de connaissances particulières, la musique, c'est quelque chose qui se ressent. »
Infos pratiques
Maison de la Culture de Nevers - Dimanche 15 mars à 16h - Billets sur Hello Asso, à la FNAC ou directement sur place.








