Imphy dévoile sa piscine nouvelle génération, entre lagon et sobriété énergétique
Nevers et Nièvre · Théo L.V. ·Le ·
Photo : Ville d'Imphy
Quatre ans d'attente, et enfin l'eau qui coule à nouveau. L'espace aquatique Imphélia, la piscine d'Imphy, a rouvert ses portes au public après une fermeture qui aura duré presque quatre ans, suite à l'épisode de grêle du 5 septembre 2022 qui avait endommagé une partie de la toiture. Résultat, c'est un équipement entièrement repensé qui a rouvert avec une attraction assez rare pour être soulignée, un bassin lagon extérieur, dont il n'existe qu'un seul autre exemplaire en France, à Poitiers.
Reconstruire à l'identique ou tout repenser ?
Après l'effondrement d'une partie de la toiture, la municipalité s'est retrouvée face à un choix, reconstruire vite, à l'identique, ou prendre le temps de repenser complètement l'équipement. C'est la deuxième option qui l'a emporté, notamment parce que la ville est soumise au décret tertiaire, qui impose aux collectivités de réduire la consommation énergétique de leurs bâtiments.
L'idée du lagon, elle, est née presque par hasard. En plein chantier, l'ancien bassin extérieur a montré des signes de fragilité trop importants pour être simplement rénové. Le directeur de la piscine et un adjoint ont alors découvert le concept lors d'un salon consacré aux piscines publiques à Paris et sont revenus convaincus. Le projet a été présenté à l'ancienne municipalité, validée à l'unanimité en conseil municipal, avant d'être repris et mené à bien par l'équipe actuelle.
Un bassin qui ne ressemble à aucun autre
Le lagon, c'est 400 m² d'eau, contre 170 m² pour l'ancien bassin extérieur. Le sable, du sable blanc en silice, ne chauffe pas, même en pleine canicule à 38 degrés, et ne fait pas mal aux pieds. Il sert aussi de filtre naturel, l'eau y circule par gravité, avant de passer dans un déchloraminateur UV puis de repartir vers une cascade qui l'oxygène. Résultat, très peu de chlore et un système quasiment en circuit fermé, deux fois moins d'eau consommée et 50 % d'électricité en moins pour les pompes par rapport à l'ancien système. L'eau est même chauffée naturellement grâce au sable, sans chauffage artificiel.
Côté chiffres, l'ensemble du bâtiment affiche environ 40 % d'économie d'énergie et jusqu'à 50 % sur la partie électrique. La piscine est aussi raccordée à un réseau de chaleur biomasse, alimenté par une ressource située à 50 km, dans le Morvan, ce qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 89 % et d'assurer une meilleure stabilité des prix dans un contexte où les tarifs de l'énergie peuvent fortement varier.
Un chantier à 2,5 millions d'euros
Le projet a coûté 2,5 millions d'euros hors taxes, financé à 80 % par l'État, la région Bourgogne-Franche-Comté, l'agence de l'eau, le conseil départemental, la communauté de communes Sud Nivernais et différents fonds dédiés à la transition énergétique. Un montage complexe, qui explique en partie la durée du projet, la municipalité a préféré prendre plusieurs mois supplémentaires pour aller chercher un maximum de subventions plutôt que de se lancer sans financement complet.
Ce qui change pour les usagers
Au-delà du lagon, l'intérieur a aussi été rénové avec un hammam repensé, éclairage 100 % LED avec des bandes lumineuses multicolores dans le bassin intérieur, jacuzzi, bain à bulles, nage à contre-courant. Les tarifs restent accessibles, 5 € pour les Imphycois et 7 € pour les extérieurs en pleine saison, 4,50 € et 5 € hors saison. La piscine est ouverte tous les jours de 10h à 18h30 jusqu'au 31 août, avec une possible prolongation en septembre selon la fréquentation.
Dès le premier jour, environ 250 personnes ont profité de l'équipement, avec l'objectif d'atteindre les 300 entrées quotidiennes. Certains usagers viennent même de Moulins, de Gien, du Cher ou du Loiret, un rayonnement qui dépasse largement le bassin de vie d'Imphy.
Pour les curieux, le toboggan a désormais son propre défi, un record à battre, fixé à 7 minutes et 25 secondes. Une mission qui, sur place, s'est révélée plus difficile que prévu.






