Le stade Léo Lagrange, un chantier en plusieurs étapes e

La piste d'athlétisme à huit couloirs, tout juste terminée, n'est que la première tranche d'un projet plus vaste. Denis Thuriot le rappelle lui-même, l'idée de rénover ce stade remontait déjà à son premier mandat, en 2014. Mais les fonds prévus avaient dû être redirigés vers la réfection du beffroi, qui menaçait de s'effondrer. 

"C'était comme le reste, il était à l'état d'abandon", explique-t-il à propos du stade avant travaux.

Depuis, la mairie a reconstitué ses budgets avec l'appui du ministère des Sports et de l'Agence Nationale des Sports. Deux autres phases sont annoncées, les vestiaires, sanitaires et accès d'un côté, gymnases de l'autre, notamment pour le tennis de table. Le choix des huit couloirs n'est pas anodin, il ouvre la porte, à terme, à l'accueil de compétitions nationales, voire à un retour des Championnats de France d'athlétisme, que Nevers avait déjà accueillis en 1977. Une ambition qui reste, pour l'instant, à l'état de perspective plus que de projet daté.

Magny-Cours, assumé et défendu

 La ville a racheté près de 15 % des parts du circuit, un choix qu'il justifie par sa fréquentation, plus de 300 jours d'activité par an, malgré la disparition du Grand Prix de F1. Le site continue d'accueillir de la F1 historique, des entraînements de F1 et des courses moto, avec l'espoir assumé de voir revenir un jour un Grand Prix moto. Denis Thuriot présente Magny-Cours comme "le site le plus visité de la Nièvre à l'année", un argument qu'il met en avant pour justifier la participation de la ville au capital du circuit.

Vers un rapprochement des clubs de foot ?

C'est l'un des dossiers chauds du moment. Avec le FC Nevers actuellement en sommeil, la question d'un club plus fort à l'échelle de la ville, un club a Neversois à reconstruire, (voire de l'agglomération ?) revient sur la table. 

Pour rappel, Le FC Nevers a annoncé sa mise en sommeil à l'issue de la saison 2025-2026, quelques jours après avoir remporté la Coupe du Conseil départemental de la Nièvre.

Selon les dirigeants, cette décision serait liée à l'absence d'une nouvelle équipe en mesure d'assurer la gestion du club. Ils évoquent un manque de bénévoles et de dirigeants pour reprendre les responsabilités administratives et organisationnelles, malgré plusieurs recherches de solutions.

Les responsables du club précisent que cette mise en sommeil ne constitue pas une dissolution. Selon eux, une reprise des activités resterait envisageable si un nouveau projet et une nouvelle équipe dirigeante voyaient le jour.

«  J'ai toujours été convaincu que si on voulait retrouver un certain niveau, qu'il faut du temps et qu' il fallait au moins une équipe qui soit un peu d'un niveau d'agglomération. Ce n'est pas que toutes les équipes doivent fusionner mais ça peut être deux ou trois et que l'agglomération éventuellement vienne en soutien, sur la volonté des élus. » 

Une déclaration d'intention forte, qui contraste toutefois avec le flou qui entoure encore les modalités concrètes de ce rapprochement.

Sofiane Saouli, chargé du dossier, précise que Nevers compte aussi le club Nevers Banlay et le Racing Club de Nevers Challuy Sermoise, ce dernier récemment monté en Régional 2, deux clubs qui, selon lui, "vivent plutôt bien" sur la ville. Il évoque une méthode volontairement ouverte :

"On est ouvert aussi aux personnes extérieures du football pour travailler autour d'un projet commun, un projet grand Nevers ou pourquoi pas un projet d'agglomération." 

Reste que cette méthode collaborative, si elle a le mérite de ne braquer personne, ne garantit rien sur le calendrier. Or l'enjeu est justement calendaire car la rentrée de septembre approche avec des enfants en attente d'une licence dans un club capable de les accueillir. Sur ce point, la mairie reconnaît une forme de réactivité contrainte plutôt que planifiée : 

"On a été mis devant le fait accompli" déclare Denis Thuriot à propos de la mise en sommeil du FC Nevers.

La Plaine des Senets, futur cœur sportif de Nevers

La mairie veut faire de la Plaine des Senets un espace multisport, avec un terrain synthétique pour le foot mais aussi des équipements pour la course à pied et un accès au tir. Le message politique est clair sur l'usage futur du terrain : 

"Il est à tous les Neversois, il est à la ville de Nevers", insiste Denis Thuriot, qui met ainsi fin à l'exclusivité.

L'espace sportif des Bords de Loire, en accès libre

Ouvert en juin, ce nouvel espace multisport, pétanque, tennis rénové, workout, volleyball a été construit avec les habitants, après plusieurs réunions de concertation. Contrairement au stade Léo Lagrange, où les créneaux restent encadrés, ici pas besoin d'être licencié pour venir pratiquer. Une philosophie assumée par Sofiane Saouli, qui y voit aussi un outil de recrutement indirect pour le tissu associatif local car ce type d'espace peut constituer, selon lui, « un pas vers l'engagement associatif ».

Des tarifs de licences encore raisonnable à la rnetrée

Côté tarifs, la mairie met en avant un coût de licence resté raisonnable à Nevers, entre 90 et 150 euros selon les disciplines, avec des efforts consentis par certaines associations pour les familles nombreuses, en complément du pass sport national. Cela dit, la mairie affirme ne pas vouloir s'immiscer dans la politique tarifaire des associations, qui restent des structures autonomes.

Pour les jeunes, plusieurs dispositifs rythment l'année comme l'été multisport, les mercredis sport, ou encore l'école municipal des sports, qui existe depuis plusieurs décennies. L'objectif affiché par le maire est de garder les équipements accessibles au maximum, pour que les jeunes viennent "taper dans un ballon avec des copains" à condition, précise-t-il aussitôt, de respecter les infrastructures mises à disposition.

Le sport, un investissement qui ne rapporte pas (évidement)

Interrogé plus largement sur la logique économique de ces investissements sportifs, le maire ne cache pas la réalité budgétaire car le sport "n'apporte pas grand-chose à la mairie" en termes de retour financier direct.

"Si vous connaissez des choses qui rapportent aux collectivités, je suis preneur, parce qu'il n'y en a quasiment aucune", résume-t-il, en citant l'Agora comme seule piste possible à terme, mais nécessitant du temps pour se développer. (Ici, on veut que Christophe Maé soit programmé) 

Sa logique n'est donc pas comptable, il explique que l'argent public est dépensé "intelligemment" et dans l'attente de la majorité des habitants, avec en toile de fond des bénéfices qu'il juge indirects comme le respect des biens publics transmis par l'encadrement associatif et une meilleure santé générale de la population, qui allège selon lui d'autres besoins de la collectivité.

Vigilance sur la canicule 

Avec les épisodes de forte chaleur qui se multiplient, la mairie insiste sur la prudence et engage sa responsabilité d'élu. Les zones aménagées avec surveillance restent, selon lui, la seule option sûre. En échange, plusieurs solutions pour se rafraîchir sont mises en avant, comme la piscine Aquabalt, avec des horaires allongés pendant les pics de chaleur.