Publiés le mardi 8 septembre 2026, les résultats de l’étude Pisa 2025 confirment une dégradation historique des performances des élèves français. En mathématiques, en compréhension écrite et en sciences, les scores n’ont jamais été aussi bas, malgré un maintien dans la moyenne des pays de l’OCDE. La baisse est particulièrement marquée en lecture (moins 18 points) et en maths (moins 16 points) par rapport à 2022, tandis que les sciences résistent mieux avec une perte de 4 points. Selon l’OCDE, 20 points correspondent à environ une année d’apprentissage, ce qui signifie que la France a perdu près de deux années de niveau en dix ans dans certaines disciplines.

Un déclin généralisé

Cette baisse n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une tendance mondiale, avec une performance moyenne en baisse dans l’ensemble des pays de l’OCDE depuis 2018. En France, le recul est continu depuis 2015, et il touche tous les profils d’élèves, même si les inégalités sociales se réduisent légèrement. Éric Charbonnier, expert éducation à l’OCDE, souligne que « la France n’est plus championne du monde des inégalités sociales », mais que « les écarts restent forts ». Le phénomène est d’autant plus préoccupant que le nombre d’élèves en grande difficulté augmente, tandis que celui des élèves excellents diminue.

Des causes multiples et des pistes d’action

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a qualifié ces résultats de « préoccupants, mais pas surprenants ». Il pointe plusieurs facteurs : l’impact des réseaux sociaux, qu’il qualifie d’« arme de destruction intellectuelle massive », la baisse de l’implication des parents dans le suivi scolaire, et des objectifs d’apprentissage parfois trop flous, notamment au collège. Pour y remédier, il propose de renforcer l’autonomie des établissements, d’améliorer la formation continue des enseignants et de mieux partager les résultats de Pisa avec les familles et les équipes pédagogiques. Dès la Toussaint, chaque famille recevra un document détaillant les apprentissages prévus pour l’année.

Un phénomène qui dépasse les frontières

La France n’est pas la seule concernée. À l’échelle mondiale, les quatre provinces chinoises étudiées (Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang) dominent en sciences et en mathématiques, tandis que Singapour excelle en compréhension de l’écrit. Seuls quelques pays, comme la Turquie, le Royaume-Uni ou la Slovaquie, voient leurs scores progresser. Dans l’OCDE, la baisse est généralisée, avec un recul de 22 points en maths et de 28 points en lecture sur dix ans. Une tendance qui interroge sur l’évolution des méthodes d’enseignement et des usages numériques chez les jeunes.

La France, qui se situe désormais au même niveau que l’Allemagne, l’Espagne ou la Hongrie, devra donc trouver des solutions pour enrayer ce déclin. Le ministre espère un rebond d’ici 2033, mais le chemin s’annonce long. Entre-temps, la question reste entière : comment redonner à chaque élève les moyens de réussir, dans un monde où les défis éducatifs se complexifient ?