Laissez-moi vous expliquer comment on "chat-tait" à l’époque.

Déjà, il fallait libérer le téléphone

Vous savez ce que c’est le Wi-Fi ? Nous, on connaissait le bruit de l’enfer. Pour se connecter à MSN, il fallait utiliser la ligne téléphonique. Et quand t’étais en ligne, plus personne ne pouvait appeler chez toi. Un drame.

Imaginez Mamie qui veut appeler, et toi t’es là en train de pleurer parce que Kevin t’a pas répondu à ton “salut sava ?”. C’était ça, la tension du foyer.

On avait des pseudos ridicules, et on en était fiers

Personne ne s’appelait par son prénom. NON. On choisissait des trucs comme :
xXx-LoVeU-4EvEr-xXx ou $weet_Gurl_du_58.

C’était notre gamer tag, notre identité, notre tatouage digital. On changeait de pseudo toutes les heures pour montrer notre humeur, notre amour non réciproque ou juste les paroles de Tragédie ou des Poetics Lovers.

Le “wizz”, l’arme de destruction massive

Vous trouvez que vos notifs sont pénibles ? Attendez. Sur MSN, on avait un truc bien plus incroyable qui s'appellait le wizz.
C’était comme si ton téléphone vibrait… mais c’était l’ordinateur entier qui tremblait. Tu envoyais un wizz à quelqu’un qui te répondait pas, et BAM, son écran vibrait, clignotait, hurlait presque "RÉPONDS MOI".

C’était le passif-agressif 2.0.

L’art du “tu m’espionnes en invisible”

Sur MSN, tu pouvais apparaître “hors ligne”… mais en fait être là, connecté. Donc tu pouvais espionner ton crush sans qu’il sache que t’étais en ligne. Pervers.

Mais parfois, tu craquais. Tu re-apparaissais en ligne juste pour qu’il te voie. Tu testais ta chance. La stratégie de la reco-déco, un sport olympique à l’époque.

Les emojis… c’était la jungle

On avait pas juste des emojis. On avait des gifs dégueulasses qui dansaient, hurlaient, brillaient. T’écrivais “lol” et PAF, un singe en tutu apparaissait. C’était un feu d’artifice visuel. Vos stickers animés ? C’est de la tisane à côté de nos clins d’œil démoniaques.

Et puis, MSN est mort…

Un jour, Microsoft a dit "stop", et MSN est parti. Plus de wizz, plus de pseudo dramatique, plus de copains connectés à minuit trente pour parler de la vie, des chips et du dernier album de Tokio Hotel.

Aujourd’hui, vous avez des applis ultra-modernes, avec des filtres, des stories, des emojis 3D… Mais vous n’avez jamais connu la terreur d’un “tu m’as supprimé de tes contacts ?”.

Et ça, mes enfants, c’est une époque qu’on n’oubliera jamais.

PS : Promis, un jour je vous montrerai mes vieux pseudos. Mais seulement si vous êtes sages. Et que vous ne vous moquez pas. Enfin pas trop.