Une fille de Paris dont le cœur battait dans le Morvan

Née à Paris en 1963, Valérie Courault a longtemps tourné ses pensées vers la terre de son père, natif du Morvan et forcé de la quitter. « Une respiration », dit-elle, et une manière de retrouver ce père qui lui avait transmis son amour du pays. À dix-neuf ans, elle franchit le pas et ne repart plus. Le hasard lui réserve un clin d'œil : une convocation au concours d'institutrice l'attend dans la boîte aux lettres de la maison familiale de Sermages, et sa première affectation la conduit dans l'école que son père avait fréquentée.

« C'était comme si le temps me donnait raison. »

Elle enseignera ensuite le français au collège de Château-Chinon, « avec passion ».

Un cri couché sur le papier, puis rangé

L'histoire de « La Traversée », un amour fou et impossible, s'est interrompue net, « quand le rideau est tombé alors que la scène se jouait ». Sans projet littéraire, la jeune femme écrit pour se sauver, extirper la douleur, parler à cet homme qui ne la lirait jamais. Le texte dort, le temps fait socle. Puis une rencontre fortuite avec une dame d'une grande vitalité lui rend l'envie d'écrire. Elle rouvre le manuscrit : « Il ne m'a pas fait mal. » Le livre paraît en juillet.

Des phrases soufflées, une attente qui devient poison

Pas de travail de style :

« Les phrases sont un souffle. Elles sont ma voix. »

Courtes, haletantes, elles disent l'attente, d'abord délicieuse, puis « un poison ». Pourtant le livre évite l'écueil du règlement de comptes : elle croit que cet homme a aimé, sans avoir eu le courage d'aller au bout. Et si l'histoire est intime, les émotions sont universelles : le manque, la douleur, puis le moment où l'on se tient debout à nouveau.

Planter des arbres, malgré les feuilles

Elle récuse l'étiquette de livre sur la résilience, mais la leçon demeure : « Je fais partie de ces personnes qui plantent des arbres, même s'il va falloir ramasser les feuilles. » Et encore :

« Il ne faut pas craindre de traverser des choses difficiles, parce que ce qu'on a à y gagner est bien plus grand que ce qu'on a à y perdre. »

L'écriture n'a pas cessé : « Terre ferme », deuxième roman, célèbre les petits riens du quotidien, un troisième manuscrit explore les liens familiaux et lui a enseigné l'indulgence.

Pour poursuivre le voyage

« La Traversée », 102 pages, 13,50 euros, est publié aux éditions Vérone. Une rencontre avec Valérie Courault aura lieu le samedi 17 octobre à 18 heures au Buffet de la Gare de Vandenesse, aux côtés du peintre plasticien Gilles Bouchicot et de Thierry Martinet, auteur d' « Ami, entends-tu ? », qui retrace le parcours de deux jeunes résistants. Valérie Courault dédicacera son livre, une première pour elle. Entretien à retrouver dans « Regards Croisés », sur thevox.fr.