Marie de Hennezel : « Je crois aux forces de l'esprit »
Crédit photo: Manuel Houssais
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Il est des regards qui, en se croisant, changent une existence. En novembre 1984, celui d'une psychologue de trente huit ans croise celui du président de la République, François Mitterrand, atteint d'un mal que la France ignorait alors. De ce croisement naissent douze années de conversations sur la vie et sur la mort, et une phrase restée célèbre : « Je crois aux forces de l'esprit. » Cette psychologue, c'est Marie de Hennezel. Reçue à Moulins-Engilbert pour une rencontre publique à la médiathèque puis au micro de Regards croisés sur The Vox, elle est revenue sur son parcours et sur son dernier livre, La Mort sereine (Plon).
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Regards croisés
Dans le Morvan de Mitterrand, Marie de Hennezel raconte douze ans de confidences
Il est des regards qui, en se croisant, changent une existence. En novembre 1984, celui d'une psychologue de trente huit ans croise celui du (...)
Une rencontre de regards
Née à Lyon en 1946, Marie de Hennezel intègre en 1987 la toute première unité de soins palliatifs de France. Elle y écoute ceux qui vont mourir et en tire La Mort intime, préfacé par François Mitterrand lui même et traduit en plus de vingt langues. C'est justement lors d'une rencontre organisée par son frère, alors chef du protocole à l'Élysée, que tout commence. « J'ai senti que cet homme était malade et je lui ai écrit un mot pour lui dire que j'avais perçu sa solitude », raconte-t-elle. Le président lui répond dans la semaine. Lors d'un échange ultérieur, alors qu'il évoque le temps qui lui reste à vivre, elle lui répond que ce temps dépend « de son désir de vivre, de ce qu'il a encore à faire sur terre, et des forces de l'esprit ». La formule marque durablement leur relation.
Le Morvan comme terre commune
Morvandelle par son père, originaire d'Autun, Marie de Hennezel partage avec François Mitterrand un attachement profond à cette région. « Il m'a beaucoup parlé de Château-Chinon et du vieux Morvan », confie-t-elle. Elle raconte aussi sa visite récente de la Cité des Présents François Mitterrand, rouverte le 10 mai à Château-Chinon, et son passage à Bibracte, lieu qui résonne avec sa propre sensibilité aux énergies des lieux, qu'elle partageait avec le président.
Mourir à l'indienne, une mort sereine
Dans La Mort sereine, publié en mars, Marie de Hennezel aborde une pratique méconnue : l'arrêt volontaire de nutrition et d'hydratation, parfois appelé « mourir à l'indienne ». Une façon de s'éteindre en douceur, documentée scientifiquement comme non douloureuse, qu'elle distingue nettement du syndrome de glissement ou du suicide. Alors que la loi sur le droit à l'aide à mourir vient d'être promulguée, elle affirme des réserves fortes sur cette loi, craignant qu'elle ne masque un manque criant de soins palliatifs sur le territoire, en particulier dans les zones rurales comme le Morvan.
Elle défend enfin « l'aventure de vieillir », une invitation à rester ouvert et créatif, et recommande, pour accompagner ce chemin, son Dictionnaire amoureux de la solitude, citant Rilke et ses « deux solitudes qui se protègent, se complètent et s'inclinent l'une devant l'autre ».
Informations pratiques
La Mort sereine — Marie de Hennezel, éditions Plon, 128 pages, paru en mars 2026
Croire aux forces de l'esprit — éditions Fayard
Dictionnaire amoureux de la solitude — éditions Plon
Entretien à retrouver dans l'émission Regards croisés, sur thevox.fr
Rencontre organisée le 25 septembre à la médiathèque de Moulins-Engilbert







