« Pour elle, c'était complètement bénigne », se souvient Nathalie. 

Une échographie est programmée par précaution. Une semaine plus tard, le ton change. L'échographe repère immédiatement quelque chose d'anormal. Une biopsie suit, puis le verdict, la tumeur est cancéreuse.

Un parcours de soins, étape par étape

Nathalie choisit de se faire suivre dans un centre parisien, sur recommandation d'une proche déjà passée par là. 

« Psychologiquement, c'était important pour moi d'être dans un centre que je pouvais connaître », explique-t-elle. 

L'opération permet de retirer la tumeur, mais l'analyse qui suit change la donne : initialement classée en grade 2, la tumeur s'avère finalement de grade 3, ce qui impose un passage par la chimiothérapie.

Nathalie décrit ce moment avec une image forte : 

« On se sent un peu dépossédée de son corps. On est un peu aux mains du milieu hospitalier. » 

Elle enchaîne trois séances de chimiothérapie, des traitements puissants, surnommés "la grenadine" à cause de leur couleur orange, suivies de neuf autres séances plus légères. Perte de cheveux, nausées, bouffées de chaleur, les effets secondaires sont nombreux, mais des rendez-vous réguliers et un accompagnement attentif l'aident à traverser cette période. Elle y découvre aussi l'auriculothérapie, une pratique censée soulager certains effets secondaires via des points réflexes situés sur l'oreille, qui l'a, selon ses mots, "énormément aidée".

Vient ensuite la radiothérapie, des séances courtes mais répétées, menées par une équipe qu'elle décrit comme particulièrement pédagogue. Aujourd'hui, Nathalie a terminé les traitements les plus lourds. Elle reste sous hormonothérapie, avec un double blocage hormonal, son cancer étant d'origine hormonale. 

« Je ne vis pas dans la peur de la récidive, mais on sait que c'est un risque », confie-t-elle simplement.

La Ligue contre le cancer, un espace à part

Dès l'annonce de sa maladie, Nathalie ressent le besoin de se rapprocher de personnes qui vivent la même chose. C'est ainsi qu'elle découvre la Ligue contre le cancer, qui propose diverses activités aux malades. Un espace qu'elle décrit comme libérateur où la maladie peut même, paradoxalement, devenir un sujet de légèreté entre personnes qui la partagent. 

« On va rire entre nous de la maladie », raconte-t-elle. « Le regard que porte quelqu'un qui est aussi malade est différent de celui qui n'est pas malade. »

Une proximité qu'elle ne reproche pas à son entourage de ne pas pouvoir offrir : 

« tant qu'on n'a pas vécu la maladie, on ne peut pas mettre de mots sur le ressenti", reconnaît-elle, "et ce n'est pas plus mal. »

Ce qu'on ne voit pas, après

Nathalie insiste sur un point qu'elle juge largement sous-estimé, la fin des traitements lourds ne signe pas la fin du bouleversement. 

Beaucoup de malades, dit-elle, se sentent abandonnés une fois les rendez-vous médicaux espacés à six mois ou un an. Le corps change, parfois par une prise de poids, parfois par un amaigrissement important, la capacité de concentration et le rythme de vie se modifient durablement. 

« On ne se reconnaît plus dans le miroir », résume-t-elle

Avant d'ajouter qu'il ne faut surtout pas hésiter à se faire accompagner que ce soit par une socio-esthéticienne, un psychologue, ou une association comme la Ligue.

Un message pour les proches, un message pour les femmes

Interrogée sur la meilleure façon d'accompagner un proche malade, Nathalie ne prône pas de recette universelle. Chaque personne réagit différemment face à l'annonce déni, sidération, besoin d'en parler ou au contraire de ne pas en parler. Son conseil, simplement faire savoir qu'on est présent, sans s'imposer, et laisser la personne malade guider le rythme de l'échange.

À l'approche d'Octobre Rose, elle rappelle une statistique qui l'interpelle, seulement la moitié des femmes concernées par le dépistage organisé, entre 50 et 74 ans, réalisent leur mammographie, alors qu'une femme sur huit développera un cancer du sein au cours de sa vie. Nathalie, elle, avait moins de 50 ans au moment de son diagnostic un rappel que la vigilance ne doit pas attendre un âge précis. 

« Plus on peut s'y prendre tôt pour le diagnostic, plus on a des chances d'être soignée rapidement », insiste-t-elle.

Pour les femmes qui viennent tout juste de recevoir un diagnostic, son message tient en une phrase, prendre le temps. Le temps de comprendre, d'accepter, de réapprendre à se connaître autrement. Et surtout, ne pas rester isolée.