À Villapourçon, dans le Morvan, l’art singulier de Cécile Maldera prolonge l’ombre de Gaston Chaissac
Crédit photo: Manuel Houssais
Nevers et Nièvre · Théo L.V. ·Le ·
Il y a des villages qui semblent choisir leurs habitants plutôt que l’inverse. Villapourçon, dans le Morvan, en fait partie. Gaston Chaissac, sculpteur de matière et peintre d’instinct pur, y posa ses valises onze années durant. Aujourd’hui, dans les mêmes rues, sous le même ciel changeant, une autre artiste y travaille avec la même patience têtue : Cécile Maldera.
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Regards croisés
Cécile Maldera prolonge l'ombre de Gaston Chaissac
Il y a des villages qui semblent choisir leurs habitants plutôt que l’inverse. Villapourçon, dans le Morvan, en fait partie. Gaston Chaissac, (...)
Un hasard qui ressemble à une évidence
Ancienne artisane de l’image documentaire, Cécile Maldera a longtemps servi le regard des autres avant de laisser émerger le sien.
« Je me suis installée ici par hasard, avec mon compagnon, on cherchait à quitter Lyon », confie-t-elle. Le hasard, pourtant, ressemble parfois à une évidence.
Autodidacte, loin des écoles, elle revendique une liberté totale. « J’ai eu la chance de trouver ma signature rapidement », explique-t-elle, tout en refusant l’étiquette d’art brut au profit de celle, plus juste selon elle, d’art singulier.
Le temps long d’une matière vivante
Son procédé intrigue autant qu’il fascine : des couches d’acrylique, d’encre, de pastel et désormais d’huile, ajoutées puis effacées, jusqu’à ce que des figures surgissent.
« Je suis vraiment creuse quand je travaille, je n’ai aucune intention », précise-t-elle.
Le résultat a l’allure d’un jaillissement. C’est en réalité un sédiment patient, fruit de semaines, parfois de mois de travail silencieux.
Dans ses toiles se croisent bêtes archaïques, silhouettes énigmatiques et regards multiples, presque toujours tournés vers nous. Un phénomène que la psychologie nomme paréidolie et qu’elle transforme en véritable moteur créatif, cherchant les formes cachées dans le hasard des taches et des reliefs.
Des rencontres qui nourrissent encore
Sa rencontre, il y a longtemps, avec les artistes Fred Deux et Cécile Reims continue de la nourrir. Elle en garde une chaleur intacte, et un goût affirmé pour la littérature, qui infuse jusqu’aux titres de ses œuvres, glanés, volés parfois à ses lectures.
Signe distinctif : elle ne signe que de ses initiales, CM, discrètement glissées dans les entrelacs de couleur. Une manière d’assumer, sans fausse pudeur, ce qu’elle donne à voir au monde.
Infos pratiques
Exposition « Ceux qui nous regardent », de Cécile Maldera, peinture. À découvrir jusqu’au 30 septembre à l’Office de Tourisme des Rives du Morvan, 11 place Lafayette, à Moulins-Engilbert. Plus d’informations sur cecilemaldera.com et sur sa page Facebook, Cécile Maldera.









