Mort de François Patriat : la Bourgogne et le macronisme perdent un pilier de cinquante ans de vie politique
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Nevers et Nièvre · Antoine Lazare ·Le
Une chute à vélo, un mois d'hospitalisation, puis le silence. François Patriat, sénateur de la Côte-d'Or, ancien président de la région Bourgogne et l'un des tout premiers soutiens d'Emmanuel Macron, est mort mercredi 19 août à Dijon, à l'âge de 83 ans.
Un accident aux conséquences fatales
Selon les informations concordantes, l'ancien élu avait été victime d'un grave accident de vélo le mois précédent. Il est décédé au CHU de Dijon, des suites de cet accident. Son décès a été annoncé ce mercredi, provoquant une vague d'hommages dans la classe politique.
Emmanuel Macron a salué la mémoire de celui qu'il considérait comme un « ami cher », déclarant que la République perdait « l'un de ses plus infatigables artisans ». Le président de la République a décrit un « serviteur fidèle » de l'État, profondément attaché à sa région d'origine, la Bourgogne.
Cinquante ans au service de la vie publique
Le parcours de François Patriat traverse presque tous les échelons du pouvoir français. Élu local puis départemental en Côte-d'Or, il siège à l'Assemblée nationale, occupe des fonctions ministérielles sous étiquette socialiste, avant de présider la région Bourgogne, jusqu'à la fusion des régions intervenue entre 2004 et 2015. Il entre ensuite au Sénat en 2008, chambre qu'il ne quittera qu'à la veille de l'été 2026, en renonçant à se représenter.
C'est au sein du Palais du Luxembourg qu'il prend une dimension nationale nouvelle : ancien socialiste, il quitte le Parti socialiste en 2017 pour rejoindre le mouvement porté par Emmanuel Macron, dont il devient l'un des soutiens les plus précoces et les plus constants. Il prendra la présidence du groupe macroniste au Sénat, un poste stratégique qu'il occupera durablement.
Un attachement resté local
Au-delà de son rôle national, François Patriat restait identifié à son ancrage bourguignon. Il s'était par exemple mobilisé en 2012 pour faire revenir le Grand Prix de France de Formule 1 sur le circuit de Magny-Cours, reprochant alors au gouvernement son manque de soutien à la filière automobile sportive, un engagement qui contrastait avec sa position de 2003, lorsqu'il avait, en tant que chef de file des socialistes bourguignons, refusé de voter une subvention de deux millions d'euros destinée à ce même circuit.
Ce parcours en apparente contradiction illustre, selon plusieurs témoignages recueillis après sa mort, la trajectoire d'un élu pragmatique, capable d'évoluer avec son temps, jusqu'à devenir l'une des figures les plus reconnaissables du macronisme sénatorial. Sa disparition intervient quelques semaines seulement après qu'il eut définitivement tourné la page de sa carrière parlementaire.









