Celui-là en fait partie, selon un sondage Elabe pour BFMTV, 66 % des Français estiment qu'il leur manque de l'argent chaque mois pour vivre correctement. Et plus précisement, 530 euros. Une somme en hausse de 24 euros par rapport au mois de mai.

Un ressenti qui touche (presque) tout le monde, mais pas de la même façon

Dans le détail, les situations sont loin d'être homogènes. 13 % des sondés disent qu'il leur manque moins de 250 euros, 15 % entre 250 et 499 euros, 26 % entre 500 et 999 euros, et 12 % estiment avoir besoin d'au moins 1 000 euros de plus chaque mois pour boucler leurs fins de mois sereinement.

À l'inverse, seuls 34 % des Français déclarent ne pas avoir besoin de plus pour vivre correctement et sans surprise, cette part grimpe à 53 % chez les foyers les plus aisés, contre seulement 11 % chez les foyers modestes.

Autre indicateur qui donne le ton, 70 % des Français estiment que la part de leur budget consacrée au logement a augmenté ces dernières années, dont plus d'un tiers qui juge cette hausse "importante". De quoi expliquer, en partie, pourquoi le pouvoir d'achat reste, mois après mois, la préoccupation numéro un des Français, largement devant la santé ou la sécurité selon d'autres baromètres récents.

Une inflation qui reprend des couleurs

Ce ressenti n'est pas totalement déconnecté de la réalité économique. Après une année 2025 plutôt calme sur le front des prix, l'inflation est repartie à la hausse cet été, portée notamment par le carburant. De quoi raviver un sentiment de dégradation du pouvoir d'achat qui, pour beaucoup de ménages, ne s'était jamais vraiment estompé.

Un mécontentement qui pourrait descendre dans la rue le 17 septembre

Et justement, ce climat de tension autour du budget des ménages n'est pas sans lien avec un appel qui prend de l'ampleur ces derniers jours sur les réseaux sociaux, celui à une journée de mobilisation nationale, prévue le jeudi 17 septembre.

Portée par une intersyndicale regroupant la CGT, la FSU, Solidaires, ainsi que plusieurs organisations de jeunesse, cette journée d'action doit se traduire par des grèves, des manifestations et des rassemblements dans plusieurs villes du pays.

Les organisations à l'origine de l'appel pointent notamment la pression sur les salaires, les fermetures de lits dans les hôpitaux publics, ou encore un plan de relance de 100 milliards d'euros jugé trop favorable aux entreprises sans contrepartie suffisante pour les ménages. Reste à voir, d'ici au 17 septembre, si cette mobilisation qui circule de plus en plus largement en ligne se traduira par une réelle affluence dans les rues.