D’année en année, le rendez-vous attire un public toujours plus nombreux, venu observer, débattre et penser le monde en transformation. Cette édition s’est voulue résolument optimiste, malgré un contexte global marqué par l’accumulation des crises : urgence climatique, effondrement de la biodiversité, tensions géopolitiques, montée du nationalisme et crise de la démocratie représentative.

Le constat partagé par nombre d’intervenants est clair : les promesses de prospérité des régimes néolibéraux n’ont pas été tenues. Inégalités croissantes, précarités multiples, notamment face aux défis du logement et de l’adaptation au changement climatique et sentiment d’abandon citoyen nourrissent le terreau du repli identitaire. Partout, l’extrême droite progresse, remettant en question des droits fondamentaux, des États-Unis à la Hongrie, en passant par l’Italie, la Pologne ou encore la France.

Mais au Festival des Idées, la résignation n’a pas voix au chapitre. L’objectif est clair : comprendre les causes de cette bascule idéologique pour mieux y résister. Analyser les fractures, décrypter les dynamiques sociales et politiques, et surtout, proposer des alternatives aux solutions populistes, telles ont été les ambitions de cette cinquième édition.

Un consensus semble émerger : entre logique de marché et tentations autoritaires, une autre voie est possible. C’est cette voie qu’ont tenté de tracer les intervenants, sans fatalisme, mais avec lucidité.

La plénière de clôture, réunissant notamment Johanna Rolland (maire de Nantes), Patrice Bessac (maire de Montreuil), Benoît Hamon (président d’ESS France), Lucie Castets, Floriane Jullian, Modibo Massaké et Nathalie Tehio (présidente de la Ligue des Droits de l’Homme), a donné lieu à des échanges vifs avec le public. Au cœur des débats : l’union de la gauche en vue des prochaines échéances électorales. Beaucoup y voient une condition essentielle pour faire barrage à la montée des conservatismes.

Le "Serment de La Charité", évoqué lors de cette dernière table ronde, pourrait bien constituer un nouveau jalon pour celles et ceux qui veulent croire encore à l’avenir des idées progressistes.