Entretien intégral


Interview réalisée par Manuel Houssais et Théo Langevin

Un séisme pour l’image de Miss France

Ces révélations, si elles se confirment, risquent de fragiliser une institution déjà confrontée aux évolutions sociétales et aux critiques sur son modèle. Le concours, longtemps présenté comme un symbole de glamour et de tradition populaire, est désormais interrogé à l’aune des mouvements #MeToo et des débats sur la représentation des femmes dans les médias. La Société Miss France a réagi avec prudence, déclarant ne pas pouvoir juger la véracité des faits rapportés. Mais le simple fait que la parole se libère sur ce sujet suffit à relancer une question de fond : quelle place ce concours occupe-t-il encore dans une société en quête de transparence et d’égalité ?

La parole d’un témoin de l’intérieur

Hubert Guérin n’est pas un observateur éloigné. Dernier collaborateur personnel de Geneviève de Fontenay, il a vécu de près les dernières années d’un concours qu’elle incarnait à elle seule. Selon lui, c’est d’ailleurs avec son aval qu’il a entamé ce travail dès 2020. Son livre se situe ainsi à la croisée du témoignage et de l’enquête, et s’inscrit dans une volonté de « mémoire critique » : montrer ce qui se jouait derrière les paillettes, mais aussi questionner l’évolution d’une tradition qui peine à se réinventer.

Un débat qui ne fait que commencer

L’enjeu dépasse largement le cercle des anciennes Miss. Il touche à la manière dont une institution culturelle traite ses participantes, à la responsabilité des organisateurs face aux dérives internes, et à la mémoire collective d’un programme suivi depuis des décennies. Le livre de Hubert Guérin ouvre une brèche qui pourrait conduire à des prises de parole supplémentaires.

Un entretien exclusif avec l’auteur est disponible en podcast sur The Vox, pour décrypter les dessous de cette enquête et les réactions qu’elle suscite déjà.