Permis de conduire : des annonces et des professionnels sceptiques
Société · Par Théo L.V. ·Le vendredi 1 août 2025 à 10h08 ·mis à jour le 01/08/2025 à 10:23
Le gouvernement veut aller vite avec des mesures d’urgence, notamment de nouvelles places pour le permis de conduire. Pour les professionnels, ce n’est pas assez, et la colère monte. Une mobilisation dans la rue est déjà annoncée pour septembre.
Des annonces et des sceptiques
François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre de l’intérieur, était hier à Nevers pour évoquer le permis de conduire et les changements à venir.
Le gouvernement a annoncé, ce jeudi 31 juillet, l’ouverture de 80.000 places supplémentaires à l’examen du permis de conduire d’ici la fin de l’année. Une mesure censée réduire les délais d’attente et améliorer l’accès à l’examen, notamment pour les jeunes. Du côté des professionnels, l’accueil est bien plus mitigé.
Moins d’attente, plus de créneaux
Aujourd’hui, il faut souvent attendre jusqu’à 80 jours entre le code et l’examen pratique. Pour désengorger les centres, l’État prévoit donc d’augmenter le nombre de créneaux et de recruter 200 inspecteurs supplémentaires. Il espère aussi faire monter le taux de réussite, en insistant sur une meilleure préparation des candidats.
Les auto-écoles dénoncent des mesures insuffisantes
Mais pour de nombreux professionnels qui nous ont contacté, ces annonces sont loin d’être à la hauteur des enjeux. Parmi eux, des responsables, d’auto-école Nivernaise, alertent sur le fait qu’il manque en réalité 400.000 places par an, et que la situation dure depuis trois ans.
“Plutôt que de combler le déficit, l’État choisit de l’arrondir”, déplorent-ils.
Autre point de conflit, la répartition des 80.000 nouvelles places, que la délégation à la sécurité routière souhaiterait réserver aux élèves jugés “ultra prêts”. Une logique estimée injuste par les professionnels, qui y voient une manière de transformer le permis en épreuve d’élite, inaccessible pour les candidats les plus fragiles. Dans cette logique, beaucoup redoutent une forme de “tri à l’entrée”, où seuls les candidats presque parfaits auraient leur chance.
“On est à 130 % de préparation surformé, surescapé, surpayant pour accéder à l’examen” résume un gérant et rajoute que "pendant ce temps, les autres doivent patienter encore plus longtemps".
Une réforme qui tarde
Au lieu de mener une réforme en profondeur, les professionnels dénoncent un gouvernement qui “temporise”, “renvoie le problème au Parlement” et “cache la poussière sous le tapis”.
L’intersyndicale (UNIC,UNIDEC,MOBILIANS), très mobilisée, affirme que le vent de contestation est plus fort encore qu’en 2019 à l’image d’une mobilisation prévue pour la rentré septembre.








