Pourquoi la F1 d’aujourd’hui, c’est (un peu) nul ?
Société · Par Johan Boulet ·Le samedi 12 avril 2025 à 12h20 ·mis à jour le 12/04/2025 à 23:41
Image par Michael Kastelic de Pixabay
La Formule 1, autrefois théâtre d’héroïsmes mécaniques et de drames à ciel ouvert, ressemble aujourd’hui à un PowerPoint sponsorisé par des banques. Alors oui, c’est toujours de la vitesse, des bagnoles et du bruit (enfin, un peu), mais la magie s’est un peu envolée. Voici pourquoi :
1. Parce que tout le monde finit la course (et c’est triste)
Dans les années 60, voir une voiture terminer un Grand Prix relevait du miracle. Les Lotus, BRM et autres Ferrari finissaient souvent dans un nuage de fumée ou à l’envers dans un bac à gravier. Aujourd’hui ? Les 20 voitures voient le drapeau à damiers. Où est le suspense ? Où est le charme d’un V12 qui explose au 37e tour ? On veut des pannes, des flammes, des mécanos qui paniquent, bon sang !
2. Parce qu’on pilote dans des parkings, pas sur des circuits
À l’époque, Spa, Monza, le Nürburgring : des circuits taillés dans la forêt et la folie. Aujourd’hui ? Des tracés insipides dessinés par un mec qui adore les virages à 90° (oui, on parle de toi, Hermann Tilke), le tout dans des pays où il ne pleut jamais mais où on arrose la piste pour faire genre. Où sont passés les vibreurs qui t’arrachaient une roue ? Où sont les bosses, les arbres, les falaises ?
3. Parce qu’il n’y a plus de moustaches
Regardez une photo de Jim Clark, Graham Hill ou Jo Siffert. Classe naturelle, combinaisons tachées d’huile et un regard de tueur romantique. Aujourd’hui, les pilotes sortent d’un spa, portent des casques sponsorisés par des marques de soda, et se font interviewer par Netflix. Où sont passés les pilotes-cowboys ? Ceux qui réglaient leur voiture eux-mêmes ?
4. Parce qu’on ne court plus, on gère des pneus
La F1, c’est censé être le sport mécanique le plus rapide du monde, pas un atelier de gestion de gommes. Aujourd’hui, dès le 5e tour : « Box box, on va passer en mode économie ». Résultat : on roule doucement pour ne pas abîmer les pneus Pirelli qui s’usent plus vite qu’un ticket de caisse que tu laisse au fond de ta poche de jean. Avant ? On attaquait comme des fous du premier au dernier virage. La seule stratégie, c’était de survivre à la course.
5. Parce qu’il n’y a plus de Grand Prix de France — et ça, c’est criminel
Une F1 sans Grand Prix de France, c’est comme du camembert sans croûte : ça n’a aucun sens. La France, c’est Fangio à Reims, Prost à Dijon, et surtout Magny-Cours, circuit mythique au milieu des champs de la Nièvre. Là où le bitume sentait la passion, la merguez et l’héritage. Et comment parler de Magny-Cours sans évoquer Tico Martini ? L’artisan des jeunes talents, l’homme derrière tant de monoplaces bleues qui ont fait rêver les gamins du coin. Supprimer le GP de France, c’est effacer toute une culture. Rendez-nous notre course, nos tribunes et nos Marseillaises avant le départ !
Bref.
La F1 d’aujourd’hui, c’est propre, c’est bien rangé, c’est « safe ». Mais c’est aussi un peu fade. On veut de l’huile, du bruit, des moustaches et des GP en France.








