L'information a été révélée par nos confrères de FrenchBreaches, qui ont pu consulter des échantillons. Selon la revendication, publiée sous le pseudonyme ZeroBytes, l'intrusion remonterait à juin 2026 et n'aurait jamais été rendue publique jusqu'ici.

Des dossiers fiscaux, pas de simples adresses e-mail

Ce qui circulerait n'a rien d'un carnet de contacts ordinaire. Dans les échantillons figureraient l'état civil complet, l'adresse d'imposition, le téléphone et le courriel. Mais aussi des données que l'on confie rarement : revenu fiscal de référence, taux de prélèvement à la source, situation familiale, nombre de parts. Un identifiant interne, le champ « spi », accompagnerait chaque dossier.

De quoi reconstituer la situation financière d'une personne sans jamais l'avoir croisée.

La méthode décrite par le pirate

ZeroBytes livre sa version des faits. Il dit avoir pénétré des serveurs internes, puis récupéré un accès VPN. Cet accès l'aurait conduit à un outil de recherche interne, celui qui sert à interroger les dossiers des particuliers comme des professionnels. Il affirme avoir lancé une extraction automatique.

L'opération aurait tourné court. Sa présence aurait été repérée en pleine copie des données, et sa connexion coupée dans la foulée. C'est ce qui limiterait le butin à 678 000 dossiers. Le pirate évoque pourtant un vivier bien plus large, plusieurs dizaines de millions de personnes. Aucune preuve ne vient l'étayer.

Ni confirmation, ni démenti

Face à cette revendication, l'administration fiscale garde le silence. Aucune communication publique n'a été repérée à ce jour. Ce vide ne signifie pas pour autant l'inaction. Le RGPD impose de signaler toute violation à la CNIL, et d'avertir les personnes concernées lorsque le risque est élevé. Ces démarches, si elles ont lieu, peuvent rester internes un moment.

Le vrai danger, c'est l'arnaque sur mesure

La sensibilité de ces données tient à leur assemblage. Un fraudeur qui connaît votre nom, votre adresse, votre revenu et une démarche que vous avez réellement effectuée auprès du fisc peut rédiger un message que rien ne distingue d'un courrier officiel. Faux remboursement, régularisation inventée, SMS truffé de détails exacts : le piège gagne en crédibilité ce qu'il perd en maladresse.

Un fisc déjà attaqué cette année

Le précédent est récent. En février 2026, la DGFiP a reconnu des accès illégitimes au fichier national des comptes bancaires, le FICOBA. Environ 1,2 million de comptes avaient été exposés, et les usagers concernés prévenus par courrier ou par courriel. La comparaison s'arrête vite : il s'agissait alors de coordonnées bancaires, pas de dossiers fiscaux, et l'administration avait, cette fois-là, pris la parole.

Ce que l'on ignore encore

Tout repose pour l'instant sur les dires d'un pirate. L'authenticité de l'ensemble, la méthode exacte, le nombre réel de victimes et l'ampleur de l'intrusion restent à vérifier de façon indépendante.

En attendant, un principe protège déjà beaucoup. L'administration fiscale ne réclame jamais d'identifiants ni de coordonnées bancaires par message. Au moindre doute, mieux vaut passer par son espace personnel sécurisé ou par le site cybermalveillance.gouv.fr.