Pourquoi les éclairs ne sont pas tous de la même couleur ?
Tech et Science · Théo L.V. ·Le ·
La prochaine fois que tu regardes un orage par la fenêtre, prends le temps d'observer les éclairs. Certains sont blancs, d'autres tirent sur le jaune, le rose, le bleu, parfois presque le violet. Ce n'est pas une illusion d'optique, il y a une vraie explication derrière tout ça.
À la base, un éclair c'est blanc
Ou presque. Le canal d'un éclair, c'est un plasma ionisé à environ 30 000 °C, soit cinq fois la température de surface du Soleil. À cette chaleur, la lumière émise est blanche, légèrement indigo. C'est le point de départ. Mais entre l'éclair et tes yeux, il y a l'atmosphère. Et l'atmosphère, elle ne laisse pas passer la lumière sans lui faire subir quelques modifications.
Le trajet change tout
L'air, la vapeur d'eau, les petites particules nuageuses, tout ça diffuse surtout les courtes longueurs d'onde, c'est-à-dire le bleu et le violet. Ces couleurs partent donc dans tous les sens avant d'arriver jusqu'à toi. Résultat, il reste surtout les grandes longueurs d'onde, celles du jaune, de l'orange et du rouge.
Plus l'éclair est loin, plus la lumière traverse d'épaisseur d'atmosphère, et plus elle se teinte. Un éclair très éloigné peut facilement virer à l'orangé ou au rouge. Un éclair proche, lui, a moins de chemin à faire, donc il apparaît plus blanc, plus brut.
C'est exactement le même principe que les couchers de soleil, d'ailleurs. Le soleil bas sur l'horizon traverse plus d'atmosphère, et ça lui donne cette couleur chaude qu'on adore pour nos feed insta.
Et la puissance alors ?
Elle entre aussi en jeu. Un éclair très puissant contient davantage de lumière bleue dans son spectre. Si tu es proche d'un impact costaud, la diffusion atmosphérique va justement renvoyer tout ce bleu vers toi et l'éclair te semblera bleuté. À l'inverse, un éclair peu puissant tombant pas trop loin apparaîtra jaune-orangé, parce que le peu de bleu qu'il contenait a déjà été éparpillé avant d'arriver jusqu'à toi.
Et le rose ?
C'est un effet bonus. C'est un peu comme quand Valérie Damido debarquait dans ta chambre pour mettre des posters New-York.
Quand l'impact n'est pas trop éloigné, le bleu et le violet diffusés dans l'atmosphère peuvent se mélanger avec la blancheur directe de l'éclair. Le résultat, bim !, un flash rose vif, parfois appelé "effet lilas". C'est beau, c'est éphémère, et ça dure environ 0,2 secondes donc bonne chance pour le photographier.
Pause gourmande
Petite pause pour ceux qui ont peur de l'orage. Blanc, jaune, rose, bleu, si cette palette de couleurs te dit quelque chose, c'est aussi parce que tu as déjà contemplé la vitrine d'une pâtisserie. L'éclair au chocolat est marron, l'éclair au café est brun, l'éclair à la framboise est rose vif. Les grands chefs, eux, font des éclairs bleutés au yuzu, des éclairs orangés au caramel, des éclairs violets à la violette, et t'emmene au septième ciel, sans que ça fasse de bruit.
En gros, la pâtisserie française a reproduit l'intégralité du spectre des orages sans s'en rendre compte, et personne n'en parle, même pas Mercotte ! Ce n'est pas un hasard si la météo et la gourmandise partagent le même mot, hormis que l'un se mange et l'autre te tombe dessus à 30 000 °C. La nuance est importante.
En résumé
La couleur d'un éclair dépend de trois choses, la distance, la composition de l'air entre lui et toi et sa puissance. Blanc de près, jaune ou rouge de loin, bleuté si c'est un mastodonte, rose si tout se combine bien. Autant de variables qui font de chaque orage un spectacle un peu différent et juste des trucs lumineux pour les daltoniens mais surtout une bonne raison de regarder dehors plutôt que son téléphone, pour une fois.




