Netflix débarque sur le terrain de TikTok
On y est. Netflix, le géant qui nous a habitués aux films de deux heures et aux séries de zinzin, vient de signer avec une brochette de grands noms de la presse pour diffuser leurs formats courts. Mardi, la plateforme a annoncé des accords avec Condé Nast (Vogue, Vanity Fair), Hearst (Elle, Cosmopolitan), PMX (Billboard, Variety), People Inc, BuzzFeed et Tastemade. Le projet c'est de diffuser des vidéos de 3 à 20 minutes, sur des sujets aussi variés que la mode, la cuisine, les voyages ou les potins de célébrités.
Ça débarque dès le 3 août, mais uniquement pour les abonnés américains, canadiens, britanniques, irlandais, australiens et néo-zélandais. La France attendra.
Pourquoi c'est une (petite) révolution
Netflix, à la base, c'est le contraire de TikTok. Un épisode de sitcom, ça dure 22 minutes minimum, et l'idée c'était justement de fuir le format court qui grignote nos cerveaux depuis dix ans. Sauf que voilà, YouTube a pris 13,4% des parts d'audience télé américaine en avril, contre 7,8% pour Netflix. Un écart qui doit sérieusement chatouiller les dirigeants de la plateforme.
Alors Netflix change de stratégie. Plutôt que de concurrencer TikTok frontalement avec des créateurs amateurs et du contenu brut, la boîte mise sur des marques déjà installées, du contenu "pré-filtré", pour reprendre l'expression d'un chercheur cité par Le Devoir. Une façon d'aller chercher les usages du quotidien, ouvrir l'appli sur le trajet du boulot, entre deux tâches sans renoncer à son image de plateforme premium.
Et pour les médias, alors ?
C'est là que ça devient intéressant pour nous, les gens qui font des vidéos pour vivre. Netflix promet des paiements garantis à l'avance, pendant que YouTube laisse ses créateurs à la merci des revenus publicitaires. Un argument de poids pour attirer du monde, y compris, à terme, des créateurs indépendants et des podcasteurs, que Netflix courtise désormais sans les obliger à quitter YouTube.
Bref ! la frontière entre plateforme de streaming, réseau social et média est en train de se dissoudre sous nos yeux. Netflix veut un bout du gâteau du "microentertainment". Les médias, eux, gagnent une nouvelle vitrine et une nouvelle source de revenus.








