À Nevers, le maire Renaissance sous le feu des critiques après un troisième arrêté anti-mendicité
Nevers et Nièvre · Par Antoine Lazare ·Le lundi 7 juillet 2025 à 22h49 ·mis à jour le 07/07/2025 à 22:51
À Nevers, la misère ne semble pas moins pénible au soleil. La mesure avait déjà fait débat lors de sa mise en place l’été dernier : elle fait son retour cet été. Depuis ce 10 juin et jusqu’au 14 septembre, un nouvel arrêté municipal visant à « réglementer les activités constitutives de troubles à l’ordre public » s’applique dans plusieurs secteurs de Nevers.
Surnommé par certains « arrêté anti-mendicité » ou « anti-SDF », le texte interdit « toute occupation abusive ou prolongée » de la voie publique, qu’elle soit accompagnée ou non de sollicitations envers les passants.
Le périmètre concerné englobe les principales artères du centre-ville, plusieurs parcs, ainsi qu’un ensemble de rues autour de la gare SNCF. Sont également proscrits : la station assise ou allongée lorsqu’elle gêne la circulation des piétons, ainsi que les regroupements de chiens « en stationnement prolongé ou continu », même tenus en laisse.
Auprès de France 3, Denis Thuriot a rejeté les qualificatifs d'« arrêté anti-SDF » ou « anti-mendicité ». L’élu affirme que « personne n’est interdit de présence dans les zones concernées » et insiste sur l’objectif du dispositif : « Il ne s’agit pas de cibler les sans-abris, mais de limiter les regroupements générateurs de nuisances dans certains secteurs de la ville ». (1)
Mais la gauche et plusieurs associations ne partagent pas cette lecture. Elles s’étaient déjà mobilisées en début d’année, après une première polémique sur le sujet.
Dans une lettre adressée à Denis Thuriot le mercredi 2 juillet et rendue publique ce lundi 7 juillet, plusieurs organisations, dont ATD Quart Monde, la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) et la Ligue des droits de l’homme, dénoncent une logique de « contrôle plutôt que de solidarité ». (2)
« Ce choix politique interroge. Il inquiète. Et il heurte », écrivent les signataires, estimant qu’aucun trouble à l’ordre public « suffisamment grave » ne justifie un tel arrêté, qui selon eux, « ne règle rien ».
Il est également reproché à Denis Thuriot d’inclure trois espaces de verdure et de fraîcheur dans le périmètre d’interdiction, alors que les épisodes caniculaires se répètent.
« Ne faisons pas de la pauvreté une infraction »
Les signataires de ce courrier appellent le maire de Nevers au retrait de cet arrêté ainsi qu’au recours à la médiation, au dialogue et à l’accompagnement avec les acteurs de l’action sociale plutôt qu’à la stigmatisation et la sanction des plus précaires.
Sollicité, le cabinet du maire de Nevers n’a pas répondu à notre demande.








