Sur la pelouse neuve du Pré-Fleuri, Coenie Basson a presque l’air de rentrer à la maison. Pour cause, c’est ici qu’il a connu la montée en Pro D2 avec Nevers, c’est ici qu’il a fait ses premiers pas d’entraîneur et c’est ici qu’il revient aujourd’hui en tant que manager général. Un nouveau rôle, mais dans un décor familier.

Des débuts a contre sens 

Le rugby a commencé pour lui loin d’ici, au Cap, pieds nus sur les terrains d’Afrique du Sud. Son premier souvenir c’est une course pour marquer un essai mais dans le mauvais sens. 

« Ma grand-mère a dû courir sur le terrain pour m’arrêter », s’amuse-t-il. Ce mélange d’énergie brute et de tendresse familiale résume bien Coenie Basson, rugueux dans l’effort, mais sensible dans l’attachement.

Des combats au cœur du jeu

Deuxième ligne « pas assez grand », il a dû forger sa carrière autrement, par le combat, l’agressivité, l’amour du duel. « J’ai toujours travaillé là-dessus, c’était ma force », confie-t-il. Ce goût de l’affrontement n’est pas qu’une attitude de terrain, c’est une philosophie de vie. Chez lui, les valeurs d’honnêteté, d’humanité et de passion comptent autant que les victoires.

L’héritage et la filiation

S’il est revenu à Nevers, ce n’est pas seulement pour le club mais aussi pour des liens tissés depuis longtemps. Celui avec Xavier Péméja, son ancien coach, dont il reprend aujourd’hui la succession. Celui avec Régis Dumange, le président, qu’il décrit comme « un homme de valeurs familiales et humaines ». Coenie Basson insiste « C’est rare d’avoir un président qui connaît le rugby, qui a joué au rugby, qui vit le rugby. Quand on a ça, ça change tout. »

Pour lui, cette relation est essentielle « On veut créer un environnement où il y a le moins de stress possible. Si les joueurs prennent du plaisir, on peut tout faire. »

Dix-sept ans après avoir quitté l’Afrique du Sud avec « trois sacs et l’idée de rester deux ans », il est toujours en France. Toujours porté par cette même passion qui l’a guidé depuis ses débuts et à Nevers, plus que jamais, il est chez lui.

Pour Coenie Basson, Nevers n’est pas une simple étape dans une carrière, c’est une histoire de famille, une ville adoptée, un coin de France devenu maison.

« J’ai acheté une maison ici il y a des années, et je ne l’ai jamais vendue. Pour moi, Nevers, c’est chez nous », raconte-t-il, comme une évidence. Sa femme, ses filles, ses habitudes, tout est ancré ici. C’est donc presque naturellement qu’il revient aujourd’hui, non plus en joueur ou jeune entraîneur, mais en manager général de l’USON.

Le rugby est là, bien sûr, mais chez Coenie Basson, l’essentiel est ailleurs, dans les valeurs, dans la fidélité aux siens, dans cette idée simple que pour avancer, il faut avant tout rester humain.

Papa Barbie

Loin des mêlées, Coenie Basson vit un autre rôle à la maison, celui de papa « nounours ». Ses filles ne sont pas (encore) tombées dans la marmite du rugby. « Je suis plutôt dans la team Barbie », dit-il en riant. Entre deux séances d’entraînement, il endosse ce rôle avec le même sérieux qu’au bord du terrain. « La famille, c’est la valeur la plus importante. Si on ne respecte pas la famille, rien ne tient. »

Rendez-vous le 29 Août

Le 29 août, l’USON lancera sa saison de Pro D2 à domicile face à Agen. Une première attendue, presque un symbole pour Coenie Basson. « Commencer à la maison, devant notre public, c’est spécial. Quand le stade est plein, avec les tambours, les drapeaux c’est incroyable », s’illumine le manager.

Plus qu’un simple match d’ouverture, ce sera pour lui une manière d’entrer dans son nouveau rôle, de retrouver l’énergie unique d’un Pré-Fleuri vibrant. « J’espère que les joueurs vont prendre du plaisir, que le public va le sentir. Si on arrive à donner ça dès le premier soir, alors la saison peut démarrer sur de bonnes bases. »

Au bord de la pelouse, il promet de rester calme. « Quand un coach panique, les joueurs doutent. Alors je dois garder mon sang-froid. » Ceux qui l’ont côtoyé savent que son tempérament est parfois plus volcanique, mais il en est conscient « un manager doit rassurer. »

Il aura aussi une pensée plus discrète, mais bien présente pour sa mère, restée en Afrique du Sud, qui l’a toujours soutenu depuis ses premiers pas et pour Xavier Péméja, celui qui l’a fait venir en France et dont il prolonge aujourd’hui l’héritage. Ce dernier qui sera d’ailleurs présent.

Plus qu’un retour professionnel, c’est une histoire intime pour Coenie Basson. Au moment d’entrer dans cette nouvelle saison, il sait que le rugby ne se résume pas aux mêlées et aux résultats mais qu’il s’écrit aussi avec les gens, les souvenirs et les liens tissés. Le 29 août, quand résonneront les tambours du Pré-Fleuri, Coenie Basson n’aura pas seulement l’impression de commencer une nouvelle aventure, il aura surtout le sentiment de rentrer, une fois encore, à la maison.