Un lancement de campagne « officiel » mais sans surprise
« Oui, c’est officiel », a lancé Denis Thuriot en confirmant ce que beaucoup pressentaient déjà. Le maire de Nevers, élu en 2014 puis réélu en 2020, repart pour une nouvelle aventure municipale. « J’avais toujours dit que je briguerais un troisième mandat », a-t-il rappelé.
Cette annonce marque le véritable coup d’envoi de la campagne de 2026, que l’édile décrit comme « différente des précédentes ». « En six ans, beaucoup de choses changent. Le contexte national et international n’a rien à voir avec celui de 2020 ou de 2014. Il faut s’adapter », confie-t-il.
« Terminer une action commencée il y a dix ans »
Denis Thuriot assure n’avoir « jamais hésité » à se représenter. Pour lui, cette candidature découle d’un projet mûri depuis longtemps. « J’ai un projet pour Nevers dans la tête depuis très longtemps. Ce projet, je le partage avec beaucoup de gens. D’autres nous rejoignent encore aujourd’hui », explique-t-il.
L’élu revendique une démarche de continuité : « On ne finit jamais de lancer des choses mais je veux terminer dans les grandes lignes ce que j’ai entrepris. Je pense que ça fait du bien à Nevers. »
Le maire cite notamment la rénovation du patrimoine historique, la transformation du stade de la Baratte, ou encore la requalification du centre-ville. « Ce n’est pas pour moi que je le fais. C’est parce que j’estimais injuste de laisser tomber une ville dont je suis amoureux. »
Une campagne axée sur le rassemblement et l’ouverture
Ancien socialiste, Denis Thuriot revendique une ligne politique indépendante, tout en réaffirmant son soutien au président de la République. « Oui, je soutiens Emmanuel Macron, même quand les choses vont moins bien. C’est trop facile de lâcher quand ça se complique », déclare-t-il.
Il nuance néanmoins son appui, lucide sur les difficultés du quinquennat : « Il a fait des erreurs, mais il incarne quelque chose que je porte localement : une politique hors dogme. Les dogmes ont tué Nevers, comme ils ont tué la France. »
L’élu dit partager avec le chef de l’État une même approche du “en même temps” : « Être capable de concilier des idées opposées en apparence, mais qui ne le sont pas quand on agit avec pragmatisme. » Et d’ajouter : « Ce que j’applique ici, c’est ce qu’on devrait faire au niveau national, se parler et travailler ensemble. »
Denis Thuriot revendique une équipe « toutes couleurs » et annonce que son local de campagne sera ouvert aux habitants souhaitant contribuer au projet. « Beaucoup de gens qui travaillent avec moi ne veulent même pas être élus. Ils veulent simplement participer à construire Nevers », souligne-t-il.
Assumer l'utopie
Pour son troisième mandat, Denis Thuriot veut poursuivre la transformation de Nevers autour d’un cap clair, « une ville plus sobre, plus inclusive et plus créative ».
Il défend une vision pragmatique de l’action locale : « Tout ce qui marche, il faut le garder. Tout ce qui ne marche pas, il faut le changer. »
Le maire dit vouloir « surprendre » et explorer de nouveaux champs d’action, tout en renforçant la proximité. « Au-delà des grands projets, c’est le quotidien des habitants qui pèse le plus. Je veux travailler davantage sur ce quotidien, sur ce qui donne de la satisfaction aux Neversois chaque jour. »
« Être maire, ce n’est pas un cadeau »
Denis Thuriot reconnaît que la fonction est aujourd’hui plus exposée que jamais. « Chaque mouvement d’un maire est scruté, critiqué, médiatisé. Ce n’est pas un cadeau qu’on se fait à soi-même, ni à sa famille », confie-t-il. Mais pour lui, la passion l’emporte sur la contrainte :
« Si je continue, ce n’est pas pour garder le titre de maire. C’est pour terminer une action, pour faire des choses. J’ai toujours dit que Nevers est ma maîtresse. Ma femme le sait, mais c’est la vérité », plaisante-t-il.
Une « dernière campagne locale »
Denis Thuriot le confirme, cette élection sera sa dernière sur le plan municipal. « C’est ma dernière campagne locale », assure-t-il.
Il ne ferme en revanche pas la porte à d’autres engagements : « Je ne m’interdis rien pour après. Si ça s’arrête là, ce sera déjà une belle aventure. »
D’ici là, il compte bien défendre son bilan et convaincre les Neversois de lui accorder à nouveau leur confiance.









