Kalouf, l'artiste qui fait parler les murs
Nevers et Nièvre · Par Théo L.V. ·Le mercredi 21 mai 2025 à 18h37
Photo The Vox
Dans les rues de Lyon, de Nevers et ailleurs, ses fresques ne passent pas inaperçues. Des animaux grandeur nature surgissent, signés Kalouf, un artiste urbain touche-à-tout. Nous l'avons rencontré à l'Agora Nevers (ancien parc expo), en plein cœur d’un projet artistique XXL.
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Itinéraire Bis
Fresque de l'Agora Nevers, rencontre avec Kalouf
Kalouf c'est l'artiste de street art qui embellie l'agora Nevers, anciennement le parc expo. A travers une fresque XXL, il rend hommage à la nature (...)
Du Gabon à la Bourgogne.
Kalouf, c’est d’abord un passionné de dessin. Il commence à peindre dans la rue dans les années 90, un peu dans l’ombre, sans autorisation, comme beaucoup de graffeurs à l’époque. Né à Port-Gentil au Gabon, il grandit en Bourgogne, entre Châtillon-en-Bazois et Nevers, avant de poser ses valises à Lyon.
"Peindre sur des grands murs, ça m’a toujours fait vibrer."
Petit à petit, il troque les coins discrets contre des projets plus officiels, toujours avec le même plaisir de transformer du béton en œuvre d’art.
Le collectif comme moteur.
Elevé en famille d’accueil, Kalouf a toujours eu le goût du collectif. Dans le milieu du graff, ça s’appelle une “crew”. Et c’est justement avec l’un de ses complices, Kösti, un artiste local qu’il collabore pour cette immense fresque à Nevers.
“Travailler à plusieurs, c’est plus riche. Il faut s’écouter, s’adapter, construire ensemble.”
Et sur ce projet, tout a été pensé en binôme. La maquette, le choix des animaux, et les échanges avec la mairie.
Des animaux, toujours des animaux
Si vous avez vu passer des girafes géantes ou des rhinocéros en mode réaliste sur un mur, il y a de fortes chances que ce soit du Kalouf. Son truc à lui, ce sont les animaux, souvent méconnus ou menacés.
“J’ai grandi avec plein de bestioles autour de moi. Mon père bossait avec les serpents au Gabon. Forcément, ça marque !”
Dans ses œuvres, il rend hommage à la nature, alerte sur la biodiversité en danger, et fait découvrir des espèces qu’on ne connaît pas toujours. Par exemple ici, à Nevers, il a choisi le courlis, drôle d’oiseau qui a donné son nom au quartier voisin.
Cette fresque c’est 100 mètres de long sur 18 mètres de haut.
“Ça peut paraître simple, mais peindre à cette échelle, c’est tout un art. Il ne faut pas se louper sur les proportions.”
Encore un peu de patience.
“On est là pour encore une grosse semaine et demie.”
Après ça, place aux dernières retouches. Mais pas d’inquiétude, la peinture utilisée est faite pour durer. Pas besoin de revenir tous les mois faire des retouches.
Retour aux sources
Ce retour à Nevers, c’est un petit moment à part pour Kalouf.
“J’ai encore plein de potes ici. Ça fait du bien de revenir, de créer dans un lieu qui m’a vu grandir.”
Mais ne croyez pas qu’il reste longtemps au même endroit, Kalouf est un vrai nomade. Il peint un peu partout, en France et même à l’étranger.
Pour suivre ses projets: son Instagram @kalouf_art.








