L’École de la deuxième chance célèbre deux décennies d’engagement pour les jeunes
Nevers et Nièvre · Par Théo L.V. ·Le mercredi 25 mars 2026 à 16h02 ·mis à jour le 25/03/2026 à 16:02
Crédit Photo: E2C Nièvre
Ce vendredi 27 Mars, l’École de la deuxième chance (E2C) de la Nièvre célèbre ses 20 ans d’existence. Un cap symbolique pour cette structure qui accompagne chaque année des centaines de jeunes vers l’emploi et bien souvent vers une nouvelle vie.
Créée dans la Nièvre en 2006, l’E2C s’inscrit dans un dispositif national né en 1995, à l’initiative notamment d’Édith Cresson, pour répondre à une problématique toujours d’actualité, le décrochage scolaire.
« La vocation de l’E2C, c’était la problématique des décrocheurs scolaires », rappelle son directeur, David Desloover.
Aujourd’hui encore, des milliers de jeunes sont concernés en France. Dans la Nièvre, l’école accompagne entre 230 et 300 jeunes chaque année.
« L’an dernier, on était un peu plus de 260 », précise-t-il. Des jeunes âgés de 16 à 30 ans, avec une moyenne autour de 19 ans, venus chercher une orientation, une formation et/ou un nouveau départ.
Une pédagogie basée sur l’humain
Loin d’un parcours scolaire classique, l’E2C propose une approche globale avec comme objectif de travailler à la fois sur l’insertion professionnelle et sur le développement personnel.
« On est vraiment sur l’intégration sociale et l’insertion professionnelle en parallèle », explique David Desloover.
Car avant de trouver un emploi, encore faut-il lever certains freins du quotidien. L’école accompagne ainsi les jeunes bien au-delà de la formation pure, y compris après leur sortie, pendant un an.
Les résultats sont là, 64 % des jeunes trouvent une solution (emploi ou formation) dès leur sortie, un chiffre qui grimpe à plus de 71 % avec le suivi post-formation. Sur 20 ans, « on est à peu près à 7 jeunes sur 10 qui sont insérés durablement ».
Motivation et engagement
S’il n’existe pas de profil type, un point commun rassemble tous les jeunes stagiaires, être sortis du système scolaire sans qualification. Mais pour intégrer l’E2C, un autre critère est essentiel. « L’autre élément super important, c’est la motivation », insiste le directeur.
Le cadre est clair, 35 heures par semaine, un statut de stagiaire, avec des droits mais aussi des devoirs. « Il va y avoir la nécessité d’un engagement et d’une vraie mobilisation sur un parcours ».
Et pour ceux qui s’impliquent, les perspectives sont bien réelles.
« Si la motivation, la mobilisation et l’engagement sont là, je garantis à 100 % la réussite », affirme-t-il.
20 ans d’adaptation aux jeunes et à la société
En deux décennies, l’E2C Nièvre a bien grandi. D’une seule structure à Nevers accueillant 15 stagiaires, elle compte aujourd’hui trois sites sur le territoire et une équipe de 21 collaborateurs.
Mais au-delà des chiffres, c’est surtout sa capacité d’adaptation qui fait sa force.
« L’école de la deuxième chance bénéficie d’une agilité qui lui permet de s’adapter à ses publics », souligne David Desloover.
Une nécessité dans une société en constante évolution, où les rapports au travail changent, notamment chez les jeunes générations.
Pour fêter cet anniversaire, une matinée spéciale est organisée ce vendredi avec une exposition, des animations, des témoignages et surtout des parcours inspirants.
Parmi eux, celui de Giovanni Martinat, ancien stagiaire devenu danseur.
« On voulait remettre en avant ce jeune, accompagné par notre école, qui en est là aujourd’hui, confiant », explique le directeur.
Un symbole fort, qui illustre l’ambition de l’E2C, montrer que tout est possible.
« Ce n’est pas une honte d’intégrer une école comme la nôtre », insiste-t-il. En 20 ans, l’image a évolué et l’établissement a gagné en reconnaissance.
Aujourd’hui, les jeunes viennent même d’eux-mêmes pousser la porte de l’école. Une preuve, s’il en fallait une, que la deuxième chance est devenue, pour beaucoup, une véritable opportunité.








