Réouverture du Café de la Paix, lieu emblématique du Morvan qui renaît grâce à un passionné.
Nevers et Nièvre · Par Manuel Houssais ·Le jeudi 9 avril 2026 à 19h40 ·mis à jour le 13/04/2026 à 06:12
Moulins-Engilbert, 14 rue des Fossés. Ici, le temps semble s’être arrêté. Après cinq années de silence et de volets clos, le Café de la Paix, sixième établissement du village, a rouvert ses portes le 3 avril dernier, sous l’impulsion de Graham Sprigg, anglais tombé amoureux de la Nièvre. « Chez la Lulu » pour les anciens, témoin de 150 ans d’histoire, ce lieu n’est pas un simple vestige du passé : c’est une âme que l’on réveille, un patrimoine vivant que l’on réinvente. Entre tables en marbre, banquettes d’antan et frigo en bois légendaire, Graham Sprigg a relevé un défi audacieux : moderniser sans dénaturer, préserver l’esprit du café tout en en faisant un restaurant accessible et convivial. « Chaque table, chaque chaise a une histoire, confie-t-il. Mon but était de garder cette ambiance unique, tout en offrant un lieu où les gens peuvent se retrouver, discuter, ou simplement lire le journal. »
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Regards croisés
Graham Sprigg redonne vie aux lieux emblématiques du Morvan
Moulins-Engilbert, 14 rue des Fossés. Ici, le temps semble s’être arrêté. Après cinq années de silence et de volets clos, le Café de la Paix, (...)
Un café, une histoire, une renaissance
Graham Sprigg n’est pas un novice en matière de restauration. Arrivé dans la Nièvre fin 2020, fuyant le Brexit et cherchant un nouveau départ, il tombe sous le charme de la région.
« J’ai acheté une maison à Onlay, puis j’ai restauré l’ancienne poterie du Petit-Massé à Tamnay en Bazois, explique-t-il. Mais quand j’ai découvert le Café de la Paix, j’ai su que c’était une opportunité unique. »
Fermé depuis le départ à la retraite d’Annie Bondou, le café était resté figé dans le temps, comme un décor de théâtre attendant son acteur.
« Tout était là : les tables en marbre, les banquettes, le vieux réfrigérateur en bois… C’était comme si l’heure s’était arrêtée. »
Le défi ? Rénover sans trahir l’âme des lieux. « Nous avons dû tout refaire : électricité, toilettes, plafond… Mais nous avons conservé l’essentiel, comme le frigo en bois, si connu dans la région, ou les couleurs d’origine, précise Graham. Le seul sacrifice a été le billard, par manque de place. » Un choix assumé pour préserver l’esprit du café, tout en le rendant accessible à tous, y compris aux personnes à mobilité réduite.
Un lieu de vie, bien plus qu’un commerce
Pour Graham Sprigg, le Café de la Paix n’est pas qu’un restaurant ou un café : c’est un espace chaleureux où l’on se croise, où l’on échange.
« En France, les cafés sont essentiels à la vie des villages. Sans eux, les communes meurent, affirme-t-il. Ici, nous voulons recréer cette ambiance, avec des journaux à disposition, une terrasse accueillante, et une cuisine traditionnelle et accessible. »
La carte, renouvelée chaque semaine, mise sur des plats maison et des formules à moins de 20 €. « L’idée est d’offrir une cuisine populaire, comme avant, mais avec des produits frais et locaux, explique-t-il. Nous avons déjà eu des retours très positifs, surtout de la part des habitants qui se souviennent du café dans leur jeunesse. »
Un projet ancré dans le Morvan
Graham Sprigg ne compte pas s’arrêter là. Il envisage d’organiser des rencontres avec les « grands témoins » du café, ceux qui ont vécu ses heures de gloire.
« Beaucoup de clients m’ont raconté des anecdotes, des fêtes, des souvenirs… Ce serait formidable de les partager, pour la presse et pour le public, souligne-t-il. Le Café de la Paix, c’est aussi l’histoire de Moulins-Engilbert. »
Un projet qui s’inscrit dans une dynamique plus large : celle de redonner vie à un territoire souvent touché par la désertification. « Le Morvan a un potentiel énorme, affirme Graham. Nous sommes bien placés pour les touristes, mais aussi pour les habitants. J’espère que le café pourra contribuer à cette attractivité. »
Un mot aux Moulinois
Pour conclure, Graham Sprigg a un message simple : « Venez nous voir ! Le café est de retour, et nous sommes aussi un restaurant. Nous voulons que tout le monde se sente chez lui ici. » Un appel qui résonne comme une promesse : celle de perpétuer une tradition, tout en écrivant une nouvelle page de l’histoire du Café de la Paix.
Le Café de la Paix, 14 rue des Fossés, 58290 Moulins-Engilbert.







