Lettre à Bourges, la comète Michel Polnareff
Nevers et Nièvre · Par Antoine Lazare ·Le mercredi 16 avril 2025 à 10h16 ·mis à jour le 19/04/2025 à 14:17
Photo © The Vox
Ceux qui ont assisté au concert d’ouverture de l’édition 2025 du Printemps de Bourges, ont bien cru voir passer une étoile filante et se frottent encore les yeux ce matin. Michel Polnareff, l’insaisissable, était bel et bien là.
Dans la pénombre, soudain une voix : « one two, one toutou ». Le public crie, c’est bien lui. La lumière se fait, il apparait enfin, assis au piano, veste en croco, stetson vissé sur la tête et éternelles lunettes fumées.
Quelques notes de piano, l’orgue raisonne, « le bal des laze » commence.
Il se fait rare le monument Michel Polnareff. Exilé à Los Angeles depuis 1973, ses apparitions en France sont des comètes. « L’amiral » de 80 ans présente cette tournée comme la « derrière » dont Bourges est la première étape française.
La voix est intacte, les tubes s’enchaînent, les doigts glissent sur le clavier, les notes ont souvent un accent bluesy. Le public s’abandonne, peu à peu. La nostalgie est dans l'air.
On retrouve un Michel Polnareff espiègle, dont on peut deviner l’œil coquin derrière les lunettes noires. « J’aimerais simplement faire l’amour avec vous, mais ça prendrait du temps » lâche-t-il.
Dans la salle, ont est venu en couple ou en famille. Grands-parents, parents et petits enfants sont là pour célébrer une œuvre qui les relie.
L’émotion monte peu à peu, jusqu’au final majestueux. Le piano laisse alors échapper les premières notes de « Lettre à France ». La salle se recueille, écoute avec émotion cette déclaration d’amour. Les têtes se balancent doucement. Des frissons se font sentir peu à peu dans la foule. La chanson s’achève dans un final magistral, baigné par la lumière éclatante des projecteurs. Michel Polnareff a disparu. Évaporé, était-ce un mirage ou la réalité ? Un retour fantasmagorique et irrévérencieux. C’est Michel Polnareff, et c’est pour ça qu’on l’aime.








