Municipales à Nevers : Baptiste Dubost se lance dans la course avec « Nevers au cœur »
Nevers et Nièvre · Par Théo L.V. ·Le mardi 13 janvier 2026 à 11h49 ·mis à jour le 13/01/2026 à 12:01
À quelques mois des élections municipales, Baptiste Dubost, 28 ans, a officialisé sa candidature à la mairie de Nevers. Pharmacien de profession et président départemental des Républicains dans la Nièvre, il conduira la liste « Nevers au cœur », qu’il présente comme un rassemblement assumé de la droite, tout en revendiquant une certaine indépendance dans la méthode et le fonctionnement. Dans un paysage politique local marqué par la multiplication des listes, le jeune candidat dit vouloir incarner une alternative générationnelle.
Pour nous rencontrer, il a choisi l’Agricole, café du centre-ville de Nevers, lieu central et facilement identifiable pour les habitants. « C’est un lieu qui est très connu des Neversois. C’est central, à côté du marché, tout le monde s’y retrouve facilement. »
Un parcours personnel et politique ancré à Nevers
Né à Moulins, Baptiste Dubost a grandi à Nevers, une ville à laquelle il affirme être profondément attaché. Il évoque régulièrement son histoire familiale, avec une grande émotion, rappelant que son arrière-grand-père, Paul Dubost, a été maire de la commune dans les années 1950. Une référence qu’il décrit avant tout comme un héritage affectif : « Je suis fier de le faire », confie-t-il, parlant d’un engagement nourri par le souvenir de ses aïeux.
Il dit s’être intéressé très tôt à la vie politique, notamment à travers sa participation au conseil municipal des jeunes, une première expérience qui aurait renforcé son envie de s’engager. « J’ai toujours rêvé de ça », résume-t-il.
Adhérent aux Républicains depuis 2019, Baptiste Dubost s’investit d’abord chez les Jeunes Républicains avant de gravir les échelons du parti au niveau départemental. En 2023, il devient président de la fédération LR de la Nièvre, à 27 ans, une fonction qu’il décrit comme une école du terrain et de l’organisation politique. Il a également été candidat aux dernières élections législatives, une campagne qu’il qualifie de « formatrice », lui ayant permis de mesurer « le ras-le-bol mais aussi les attentes très concrètes des habitants ».
« Nevers au cœur » : une liste ouverte mais idéologiquement assumée
Pour les municipales, Baptiste Dubost insiste sur la nature de sa liste. « Nevers au cœur » ne se présente pas comme une liste strictement partisane, même si elle rassemble plusieurs militants de droite. L’équipe revendique une composition plurielle, mêlant encartés, citoyens sans affiliation politique, jeunes actifs et profils plus expérimentés. Le candidat affirme que la parité femmes-hommes sera respectée et que la liste se veut intergénérationnelle. Il assume toutefois clairement son positionnement politique : « On y va avec une étiquette », explique-t-il, estimant que la clarté idéologique est préférable à une neutralité de façade.
Selon lui, « mentir aux gens sur son positionnement, c’est le vrai problème ».
Les axes du projet
Le programme de « Nevers au cœur » repose sur plusieurs priorités. La sécurité figure en tête des préoccupations évoquées par le candidat, qui rappelle que, selon des sondages, elle constitue la première attente des électeurs locaux. Il souligne notamment le décalage qu’il perçoit entre les priorités budgétaires actuelles et les attentes de la population, citant par exemple la part consacrée à la sécurité comparée à d’autres politiques publiques.
La gestion des finances municipales constitue un autre axe central. Baptiste Dubost met en avant une campagne volontairement sobre, affirmant que « quand on est remboursé, c’est le contribuable qui paye ». Il explique vouloir appliquer à la campagne électorale les principes de rigueur qu’il souhaite défendre à la mairie : « On n’est pas obligé d’aller au plafond budgétaire ! ».
Sur la santé, le candidat s’exprime également en tant que professionnel. Il alerte sur les difficultés rencontrées par l’hôpital de Nevers et sur la pénurie de médecins. S’il reconnaît que la compétence relève en grande partie de l’État, il estime que la municipalité peut agir en facilitant l’installation et l’intégration des soignants.
Enfin, l’attractivité économique est présentée comme un levier essentiel pour l’avenir de la ville. Baptiste Dubost insiste sur la nécessité de créer de l’emploi pour retenir les jeunes diplômés. « Beaucoup nous disent qu’ils aimeraient rester à Nevers, mais qu’ils sont obligés de partir faute de travail », explique-t-il, plaidant pour une politique volontariste d’accueil des entreprises et de soutien à l’activité économique.
« On est une génération qui comprend le dégoût des gens pour la politique », explique-t-il, évoquant les nombreux échanges menés sur le terrain, y compris en dehors des périodes électorales. Selon lui, « il ne faut pas être là seulement quand il y a une élection, mais les écouter tout le temps ».
Redonner confiance et reconnecter les électeurs
Au-delà des propositions, le candidat insiste sur la méthode. Il dit vouloir « reconnecter la politique aux électeurs » et rompre avec ce qu’il décrit comme un entre-soi politique. Il évoque la possibilité de consultations régulières des habitants et affirme que « le rôle du politique n’est pas de contraindre, mais de résoudre des problématiques et d’apporter des solutions ».
Son âge est présenté comme un atout pour toucher les jeunes électeurs. Il explique vouloir aller à leur rencontre « là où ils sont », y compris dans les lieux de vie et sur les réseaux sociaux, estimant que l’engagement associatif ou culturel constitue souvent une première forme de politisation.
Une union des droites difficile à concrétiser
Alors que plusieurs listes se revendiquent de la droite ou du centre droit à Nevers, la perspective d’une union reste incertaine. Baptiste Dubost revient sur des tentatives de rapprochement qui n’ont pas abouti. Il évoque une collaboration initiale avec Xavier Morel, interrompue en raison de désaccords sur la méthode et le fonctionnement de l’équipe. Il parle d’un manque de clarté et de « cachotteries », estimant que revendiquer une indépendance tout en s’appuyant sur des partis relève d’une forme d’ambiguïté.
Une situation similaire est décrite avec Bruno Benchemakh, brièvement associé au projet avant une rupture liée, selon le candidat, à des tensions internes et à des divergences sur le leadership. Ces épisodes illustrent, d’après lui, les difficultés à fédérer des sensibilités différentes au sein d’un même camp politique, entre rivalités personnelles, questions d’égo et visions opposées du fonctionnement collectif.
À quelques mois du scrutin, Baptiste Dubost affirme vouloir poursuivre sa campagne avec son équipe actuelle, convaincu que « le combat doit être constant ». Il entend incarner une alternative politique portée par une nouvelle génération, assumant son orientation idéologique et mettant en avant une méthode fondée sur l’écoute, la transparence et le travail d’équipe.








