De la politique depuis presque 20 ans 

Bruno Benchemakh n'est pas un inconnu dans le paysage politique nivernais. Engagé depuis 2008, d'abord à l'UDI où il a notamment été proche du courant porté par Jean-Louis Borloo et a participé à la structuration locale du mouvement « Borloo 2012 », son parcours l'a ensuite conduit à défendre un projet centriste puis divers droite. Il a par ailleurs été candidat "divers droite" aux élections départementales de 2021 à Nevers (canton Nevers-1).

« Nevers a tout pour réussir, et pourtant elle ne décolle pas »

« J’aime cette ville, et c’est la raison pour laquelle je m’engage pour elle », affirme le candidat. Installé à Nevers depuis plus de trente ans, il revendique un fort attachement au territoire et dit vouloir « réveiller Nevers », qu’il estime aujourd’hui en perte de dynamisme malgré ses atouts.

Proximité avec Paris, patrimoine historique, Loire, absence de concurrence directe avec de grandes métropoles voisines : pour Bruno Benchemakh, Nevers dispose de nombreux leviers de développement inexploités. Selon lui, la ville souffre d’un manque de vision politique et d’un immobilisme ancien.

« Depuis cinquante ans, on a l’impression qu’il n’y a pas de cap », explique-t-il, justifiant ainsi le nom de sa liste.

Une candidature de droite assumée et un appel à l'union

Bruno Benchemakh revendique une candidature clairement positionnée à droite. Sa liste est portée par l’UDR (Union des Droites pour la République) et soutenue par Marion Maréchal et son parti Identité-Libertés, représenté localement par Pascal Lepetit, présent pour l'occasion. L’objectif affiché est de rassembler l’ensemble des droites à l’échelle municipale.

« Pour battre une gauche unie, il faut une droite unie », affirme-t-il, refusant les candidatures sans étiquette ou les projets construits « dans le flou ». Selon lui, les électeurs ont besoin de clarté et de cohérence politique.

Trois piliers pour « remettre Nevers en mouvement »

Le projet de « Cap Nevers » s’articule autour de trois grands axes : la sécurité, l’économie et l’attractivité puis le cadre de vie.

S'agissant de la sécurité, Bruno Benchemakh insiste sur la nécessité de « remettre de l’humain. » Sans remettre en cause l’utilité d’outils technologiques comme la vidéosurveillance, il défend le retour d’une police de proximité, visible, à pied ou à vélo, en lien avec les habitants, les médiateurs sociaux et les parents.

« On ne vit pas bien dans une ville où on a peur », martèle-t-il, évoquant une montée des incivilités et un sentiment d’insécurité qu’il estime insuffisamment pris en compte par l’actuelle municipalité. Parmi les propositions, figurent également la réactivation des mairies de quartier, qu’il souhaite transformer en outils de médiation et de prévention afin de traiter les problèmes « à la racine ».

« On ne peut pas être uniquement dans la répression, il faut aussi de l’éducation et de la présence humaine », ajoute-t-il.

Sur le plan de l'économie et de l'attractivité, le candidat déplore l’absence de stratégie claire et pointe un manque de bilan sur certaines opérations coûteuses menées au cours des dernières années. Il appelle à une gestion plus rigoureuse des finances publiques.

« On ne peut pas rouler en Rolls-Royce sans avoir de carburant », résume-t-il, critiquant une politique qu’il juge davantage tournée vers l’affichage que vers l’efficacité économique.

S'agissant du cadre de vie, Bruno Benchemakh critique certaines décisions d’aménagement qu’il estime délétère pour l’histoire et le patrimoine local. Il plaide pour une ville plus respectueuse de son identité et mieux pensée pour ses habitants.

Un programme construit, mais ouvert au débat

Le candidat le précise, son programme est déjà élaboré. Le site capnevers.fr, mis en ligne récemment, présente déjà des analyses, des propositions et des documents détaillés pour chacun des piliers du projet. Pour autant, Bruno Benchemakh insiste : « avoir un cap n’empêche pas le débat. » La permanence et les rencontres prévues doivent permettre aux habitants de réagir, de questionner et de faire évoluer certaines propositions.

Cette permanence, il la souhaite ouverte quotidiennement. La liste candidate serait, aujourd’hui, déjà constituée en grande partie, mêlant profils expérimentés et plus jeunes, même si le candidat reconnaît que le respect de la parité reste un défi, comme dans de nombreuses campagnes municipales et pour de nombreux partis.

Un ancrage local revendiqué

Bruno Benchemakh défend une vision du rôle de maire, plus tournée vers le quotidien des habitants.

« Être maire d’une ville de 32 000 habitants, ce n’est pas voyager à l’étranger, c’est être au plus près des problèmes des électeurs », déclare-t-il, rappelant des difficultés économiques et sociales persistantes selon lui dans la Nièvre : taux de chômage et de pauvreté élevés, vacance de logements, départ des jeunes en fin de parcours scolaire secondaire.

« La Nièvre se vide par le bas », alerte-t-il, estimant que Nevers, en tant que préfecture, a un rôle moteur à jouer pour l’ensemble du département.

« Cap Nevers » dispose désormais d’un local de campagne dont la permanence sera assurée du lundi au samedi, tous les après-midi, afin de permettre aux habitants de venir échanger avec l’équipe. L’inauguration officielle aura lieu le samedi 17 janvier à 11 heures, en présence des membres de la liste et des soutiens du candidat. Un moment que Bruno Benchemakh veut symbolique : « la politique ne doit pas se faire hors sol, elle doit se faire au contact des gens ». 

« Ça sent la fin de règne. »

L'occasion d'évoquer ses concurrents : « Quand je vois certains candidats, je les trouve hors sol », avant d’ajouter au sujet du maire sortant, Denis Thuriot (Renaissance) : « Ça sent la fin de règne. »

Avec « Cap Nevers », Bruno Benchemakh souhaite une campagne de terrain, un projet assumé à droite et un discours sans détour. « Aimer Nevers, c’est vouloir la changer », conclut-il.

Il reste toutefois une question centrale à l’approche du scrutin qui se tiendra le 15 mars pochain : celle de la crédibilité d'un rassemblement des droites neversoises.  Si Bruno Benchemakh revendique une union claire et assumée "des droites", le paysage politique local demeure cependant marqué par une incapacité des droites à se rassembler. À Nevers, la candidature de Baptiste Dubost, soutenue par Les Républicains, met en lumière cette division, qui, à l'image de la politique nationale, montre la faille qui s'est ouverte entre les partisans de l'alliance avec l'extrême droite et ceux qui la rejettent.

Une fragmentation qui pourrait coûter cher, face aux candidatures centristes, sans étiquette ou à la gauche unie. Nous saurons dans les prochaines semaines si cet appel à l’unité, lancé par Cap Nevers, parviendra à se faire entendre.