Avec 30 ans de carrière industrielle derrière lui et six années de retraite, Dominique Dupuis n’entend pas faire une entrée classique en politique municipale.

« Les élections, pour moi, c’est le prolongement du combat que je mène depuis l’âge de 18 ans », affirme-t-il d’emblée.

Depuis plusieurs semaines, le candidat sillonne la ville pour discuter, écouter et confronter son discours à la réalité sociale. « Ce qui prend la tête des gens du matin au soir, c’est l’argent », résume-t-il. Il évoque le cas d’une mère isolée à qui il resterait « 300 euros par mois pour vivre et nourrir ses enfants », mais aussi celui de retraités en difficulté ou de salariés contraints de compter chaque litre de carburant pour aller travailler.

Pouvoir d’achat, emploi, santé

Dans son discours, trois priorités émergent nettement : le pouvoir d’achat, l’emploi et l’accès aux soins. « Aujourd’hui, se soigner devient un vrai problème. Quand il faut faire des dizaines de kilomètres pour trouver un spécialiste, ce n’est pas normal », déplore Dominique Dupuis, citant la disparition de certains médecins spécialistes à Nevers.

Ancien salarié de Gates, il reste très attaché au devenir industriel local. « Les gars se demandent si l’usine va fermer demain. C’est ça, leur préoccupation », explique-t-il, dénonçant le poids des fonds d’investissement et la logique financière qui, selon lui, menace l’emploi malgré la rentabilité des groupes concernés.

Une candidature sans illusion institutionnelle

Pour autant, le candidat de Lutte Ouvrière ne se fait aucune illusion sur le pouvoir réel d’une municipalité. « Même un maire de bonne volonté ne peut pas résoudre les problèmes que rencontrent les gens », affirme-t-il. Selon lui, les réponses ne viendront pas des institutions locales mais de « luttes d’ensemble » et d’une mobilisation collective des travailleurs.

« Je ne veux pas prendre la place de la municipalité actuelle », insiste-t-il. « Mon objectif, c’est de défendre ces idées, d’aller voir les gens, de leur dire de ne pas baisser les bras, de relever la tête. »

Une posture assumée, qui place sa candidature davantage sur le terrain politique et idéologique que sur celui de la gestion municipale.

Dominique Dupuis revendique par ailleurs un positionnement clairement distinct du reste de la gauche locale. « On n’est pas de gauche. On est révolutionnaires », tranche-t-il, refusant toute étiquette institutionnelle. Une ligne qui interroge sur les consignes de vote en cas de second tour. Interrogé sur un éventuel soutien à la liste conduite par Wilfried Séjeau, le candidat reste évasif : « On verra. »

Une liste prête, un objectif assumé

À un mois du premier tour, Dominique Dupuis assure que sa liste est complète et respecte la parité. Il vise avant tout à faire entendre sa voix :

« Si 10 % des gens votent pour notre liste, je serai ravi. » Une barre symbolique qui permettrait l’accès au second tour et au conseil municipal, sans infléchir son discours. « Je continuerai à défendre les mêmes idées. Ça ne changera pas. »

Révolutionnaire plutôt que « de gauche », selon ses mots, Dominique Dupuis revendique une cohérence totale entre son engagement passé et sa candidature actuelle. À Nevers comme ailleurs, il estime que « les problèmes des travailleurs sont les mêmes ». Et que seule leur mobilisation collective permettra, à terme, de changer le cours des choses.