Municipales : “Demain, Nevers” entre en scène et déroule ses priorités
Nevers et Nièvre · Par Théo L.V. ·Le lundi 8 décembre 2025 à 15h55 ·mis à jour le 08/12/2025 à 16:15
Photo : Clément Millot
Le premier meeting de campagne de la liste "Demain, Nevers", conduite par Wilfrid Séjeau, s’est tenu le 6 décembre 2025 à l’Espace Stéphane Hessel (Nevers), devant une salle comble. Le collectif, né il y a deux ans, affirme avoir bâti le projet qu’il porte, par une méthode fondée sur la concertation, les groupes de travail et plus de six mois de porte-à-porte. « Nous avons rencontré environ 4000 personnes qui ont pu s’exprimer », décrivant un travail « d’écoute et de dialogue » mené au fil des mois.
Dès la première prises de parole, la liste a revendiqué, par la voix de Claude Blanch, président de l’association, une démarche collective, ouverte à la société civile et participative, où « c’est collectivement que l’on trouve des solutions » et où la politique n’est pas pensée comme une affaire individuelle, mais comme « un travail d’équipe ».
Le premier axe de propositions concerne l’enfance, un thème que les militants décrivent comme structurant dans le programme à venir. Les représentants du groupe de travail ont souligné que de nombreux habitants disent ne pas se sentir suffisamment en sécurité lorsqu’ils circulent avec leurs enfants, notamment aux abords des écoles où « c’est souvent l’anarchie à l’entrée et à la sortie » selon Jimmy Derouault, conseiller municipal d’opposition. Ils constatent aussi une diminution du nombre d’aires de jeux et des aménagements parfois vieillissants. L’équipe candidate propose ainsi une ville « à hauteur d’enfants », où les cheminements seraient mieux sécurisés et les équipements davantage adaptés. Le collectif affirme vouloir restaurer une présence ludique et accessible dans l’espace public, tout en rénovant les bâtiments scolaires. Une intervenante a rappelé que certaines écoles présentent encore des problèmes d’isolation ou d’entretien, expliquant que « je n’aimerais pas que mes enfants soient dans une école avec des faux plafonds douteux et de la peinture qui s’écaille ». Pour y répondre, le collectif souhaite engager un effort important de rénovation et évoque la perspective de rénover « une école par an » pour accompagner la transition environnementale et améliorer les conditions d’apprentissage.
La sécurité constitue le deuxième grand volet du projet présenté. Plusieurs habitants rencontrés lors du porte-à-porte auraient exprimé un sentiment d’inquiétude croissant. « Il faut sortir du déni » pour Johanna Buchter, rappelant que la question touche de nombreux quartiers et ne se limite pas au secteur de la gare. Les représentants du mouvement affirment que les dispositifs actuels ne suffisent pas et mettent l’accent sur la nécessité de renforcer la présence humaine, tant policière que sociale. Ils défendent ainsi l’idée que « la sécurité est une valeur de gauche », parce qu’elle protège d’abord « les plus fragiles ». Le collectif s’oppose à la fermeture du commissariat et regrette qu’elle ait pu être acceptée « sans même négocier le moindre effectif supplémentaire » par le maire sortant, Denis Thuriot. Il plaide pour un renforcement de la police municipale, dont les effectifs sont inférieurs à d’autres villes de même taille, et pour une organisation par quartier, dans laquelle les agents pourraient connaître les commerçants, les associations et les habitants. Parallèlement, les candidats souhaitent réactiver une politique de prévention qu’ils jugent délaissée, notamment en direction des jeunes, rappelant que « tout a été abandonné depuis dix ans » en matière de médiation, de suivi individualisé ou de présence éducative en soirée. Point régulièrement évoqué : la question de l’éclairage public nocturne. « On a l’impression de vivre un couvre-feu », pour Johanna Buchter qui appelle à « allumer la lumière à Nevers » en utilisant des technologies économes pour améliorer le sentiment de sécurité.
Le troisième pilier du projet est consacré à la solidarité. En s’appuyant sur les échanges recueillis ces derniers mois, Demain Nevers estime que la ville « n’est plus aussi solidaire qu’elle l’a été ». Demain, Nevers souhaite rappeler que la solitude progresse, notamment chez les personnes âgées, et que les associations peinent à répondre à toutes les situations. Une militante a évoqué la rencontre d’une femme de 89 ans qui déclarait : « Heureusement que je suis à côté de l’école. Quand je regarde les enfants jouer, ça me donne la vie ». Le collectif souhaite renforcer les liens sociaux à travers des initiatives de proximité et annonce vouloir collaborer davantage avec les associations pour lutter contre l’isolement. Il affirme également vouloir améliorer les transports à la demande, soutenir les publics les plus vulnérables et faciliter l’accès à certaines aides du quotidien.
Il était enfin question de l’attractivité de la ville. Demain, Nevers dresse un constat préoccupant d’un centre-ville qui serait marqué par une forte vacance commerciale et par des équipements vieillissants. « Combien d’hôtels 4 étoiles sont restés mort-nés sur le papier ? », a interrogé l’élue d’opposition, Sylvie Dupart-Muzerelle, estimant que certains projets portés par la municipalité sortante n’avaient pas répondu aux besoins des habitants. Le collectif propose d’accompagner plus fermement les commerçants grâce à une « fabrique du commerce », destinée à soutenir les installations et à simplifier les démarches. Il souhaite également mieux exploiter le potentiel des bâtiments vacants et imagine la transformation de l’ancien Forum, dans le quartier Saint-Arigle, en un centre de congrès à taille humaine pour accueillir entreprises et associations. Sur le plan culturel, la liste annonce un projet majeur : la rénovation de la médiathèque Jean-Jaurès, jugée aujourd’hui inadaptée et en mauvais état, ainsi que l’extension du conservatoire adjacent. L’intervenant insiste sur l’importance de ces lieux pour la jeunesse et pour l’accès de tous à la culture. Le patrimoine constitue aussi un axe fort, notamment autour du bâtiment du Grand Monarque, que Demain, Nevers envisage comme une porte d’entrée vers la Loire à Vélo. « Combien de cyclistes traversent Nevers sans s’y arrêter ? » souligne-t-il, estimant que ce site pourrait devenir un atout majeur pour l’image et l’économie de la ville.
Quand certains disent “je”, moi je dis “nous”
En conclusion du meeting, Wilfrid Séjeau, tête de liste, a rappelé la philosophie générale de sa démarche. « Il ne s’agit pas de mes projets pour la ville, mais des nôtres. Quand certains disent “je”, moi je dis “nous” », a-t-il affirmé, revendiquant un fonctionnement collégial et une campagne de terrain. Le candidat, libraire de profession et élu départemental, a insisté sur les valeurs guidant son engagement : « La solidarité, la sauvegarde de l’environnement et l’humanisme sont nos points de repère ». Soucieux de présenter une alternative aux « vieilles recettes de la politique du passé », il a conclu en assurant vouloir être « un maire qui écoute, qui réfléchit avec les habitants, et qui agit pour améliorer la vie des gens chaque jour ».








