Sensibiliser tous les hommes, dès le plus jeune âge.

« Le cancer des testicules touche surtout les jeunes de 15 à 35 ans, tandis que celui de la prostate concerne davantage les hommes de plus de 50 ans. Finalement, tous les hommes sont concernés à un moment de leur vie », explique Julien Poirier.
Le professionnel de santé insiste sur l’importance d’une prévention précoce, parler de ces sujets dès le lycée, informer sur les bons gestes, et encourager les discussions autour de la santé masculine. Comme pour le dépistage du cancer du sein, l’autopalpation est un geste essentiel chez l’homme. « Se palper les testicules régulièrement, repérer une anomalie, une douleur ou une masse, c’est déjà un premier pas vers le dépistage », rappelle l’infirmier.
Pour la prostate, le suivi repose principalement sur une prise de sang ou un examen médical prescrit par le médecin traitant. « Un diagnostic précoce, c’est une prise en charge plus efficace et de meilleures chances de guérison », souligne-t-il.

Libérer la parole et combattre les clichés

Novembre Bleu, c’est aussi un combat contre les idées reçues. « Il y a encore cette pudeur chez les hommes. Beaucoup pensent qu’il faut être fort, qu’on n’a pas le droit d’être malade », regrette Julien Poirier.
Pour lui, la santé mentale est indissociable de la santé physique. Dès l’annonce de la maladie, pendant les traitements ou en rémission, le soutien psychologique joue un rôle majeur. « Il faut libérer la parole, permettre aux hommes d’en parler, et sensibiliser aussi leurs proches », insiste-t-il.

Parler de santé reste encore un sujet sensible pour beaucoup d’hommes, surtout lorsqu’il touche à l’intime ou à la vulnérabilité. Entre la peur du diagnostic, la pudeur et les stéréotypes culturels, nombreux sont ceux qui préfèrent garder le silence plutôt que de consulter. « Les hommes ont grandi avec l’idée qu’il faut être fort, ne pas se plaindre, ne pas montrer ses failles », constate Julien Poirier. Ce conditionnement rend la prévention et la détection précoce plus difficiles. Pourtant, reconnaître sa fragilité, c’est déjà un acte de force. La santé mentale, longtemps mise de côté, fait aujourd’hui partie intégrante de Novembre Bleu. Car face au cancer, au stress, à la dépression ou à l’isolement, parler, demander de l’aide et partager ses émotions sont des gestes aussi vitaux qu’un dépistage : ils sauvent, eux aussi, des vies.

Des actions concrètes à Nevers

Cette année encore, la Ligue contre le cancer de la Nièvre et l’hôpital Pierre-Bérégovoy multiplient les initiatives locales.
Le mercredi 19 novembre, une journée de sensibilisation ouverte au public se tiendra dans le hall principal de l’hôpital de 9h à 16h. Au programme : stands d’information, diffusion d’un court-métrage, présence de la CPAM et de joueurs de l’USON Nevers Rugby.

Quelques jours plus tôt, ce vendredi 7 Novembre, au stade du Pré-Fleuri, lors du match USON–Vannes, la Ligue contre le cancer installera également un stand d’information. Une dizaine de patients actuellement en traitement seront invités à assister à la rencontre pour partager un moment convivial et porteur de sens.

Une moustache pour la bonne cause

Et pour ceux qui veulent afficher leur soutien, la tradition reste de mise, laisser pousser sa moustache tout au long du mois.
« Même si elle ne nous va pas forcément très bien, c’est un symbole fort et un bon moyen d’en parler », sourit Julien Poirier.

En savoir plus

Toutes les informations pratiques et les actions prévues sont à retrouver sur le site de l’hôpital Pierre-Bérégovoy de Nevers.
Parce que la prévention passe avant tout par l’information, parlez-en, informez-vous, et n’ayez pas peur de consulter.