Ville à Joie : faire revivre les villages grâce à la fête
Nevers et Nièvre · Par Théo L.V. ·Le jeudi 29 janvier 2026 à 15h14 ·mis à jour le 29/01/2026 à 15:39
Nous sommes partis à Livry, dans la maison où vit et travaille l’équipe de Ville à Joie. Il faisait très beau ce jour-là. Le garage était en plein rangement, le repas était en train de se faire et un chat passait de temps en temps. Il y avait une ambiance tranquille, un peu comme en vacances. C’est dans ce cadre-là que Mariann nous a raconté Ville à Joie et de leur manière de faire revivre les villages. Ville à Joie, c’est un groupe de jeunes qui sillonnent les campagnes françaises avec une idée simple, qui consiste à créer du lien pour lutter contre l’isolement et aider les habitants à mieux accéder à leurs droits. Leur outil principal est simple : la fête de village.
En podcast
#CDLP
Dans la maison de Ville à Joie où vivre et travailler ensemble font paire
On part à la rencontre de Mariann et de l’équipe de Ville à Joie qui parcourent les villages français pour redonner vie aux campagnes grâce à (...)
Vivre et travailler ensemble
L’équipe est basée à Livry, dans la Nièvre, dans une grande maison prêtée par la mairie. Ce lieu sert à tout : logement, bureau, lieu de réunion et stockage du matériel. On y cuisine ensemble, on y travaille ensemble, et on s’y organise pour partir plusieurs fois par semaine dans les villages alentour.
Mariann, membre de l’équipe depuis quatre ans, résume bien l’esprit du lieu :
« On vit là où on travaille, et on travaille là où on vit. »
Arrivée pour un contrat court, elle s’est installée durablement, participe à la vie associative locale et joue même dans une fanfare du coin. La plupart des membres ont moins de trente ans, et cette vie collective renforce l’esprit d’équipe.
Une autre façon de parler des droits
Ville à Joie intervient surtout dans les petites communes rurales. Beaucoup de personnes ne demandent pas les aides auxquelles elles ont droit, comme le RSA, souvent par manque d’information ou parce que les démarches font peur. Alors plutôt que de proposer des stands administratifs classiques, l’équipe organise une fête avec de la musique, des jeux, des animations et un repas. Dans ce cadre détendu, les habitants peuvent discuter naturellement avec des associations ou des services publics comme la CAF, la MSA ou France Services.
Pour encourager les échanges, un jeu de bingo est proposé où les participants tamponnent leur grille en passant par les stands. Cela crée un premier contact sans pression.
Une présence qui s’inscrit dans le temps
Entre mai et octobre, l’équipe organise environ trois événements par semaine dans la Nièvre, le Cher et l’Allier. Depuis le début du projet, plus d’une centaine de communes ont accueilli Ville à Joie. L'entreprise solidaire revient souvent dans les mêmes villages. Les habitants les reconnaissent, les mairies leur font confiance, et les initiatives locales repartent. Des comités des fêtes se reforment, des associations reprennent de l’élan. Le but n’est pas de remplacer les acteurs locaux mais de les aider à relancer une dynamique durable.
Écouter avant tout
Au-delà de l’accès aux droits, Ville à Joie prend le temps d’écouter les habitants. Les membres de l’équipe recueillent des témoignages, orientent vers les bons interlocuteurs et créent des liens, même quand les situations sont complexes. La culture occupe aussi une place importante pour mettre en valeur les talents du territoire et renforcer la vie rurale.
Grandir sans se presser
Ville à Joie est soutenue par de nombreux partenaires publics et privés, elle bénéficie de financements régionaux, nationaux et européens. L'entreprise est aujourd’hui présente dans une vingtaine de départements et rassemble environ 35 personnes à chaque saison.
Son objectif n’est pas de grandir trop vite, mais de rester bien ancrée localement. La Bourgogne-Franche-Comté reste une priorité, tout en répondant aux demandes d’autres territoires. À Livry, la maison continue d’accueillir anciens et nouveaux membres. Le projet avance doucement, mais solidement. Une preuve que pour faire revivre un territoire, il faut plus que des services ; il faut de la présence, du partage et de la vie.







