Association LGBTQIA+ 58 : des permanences « où les gens se sentent en sécurité pour pouvoir se retrouver et parler »
Société · Par Fabienne Dhugues ·Le jeudi 10 juillet 2025 à 13h27
Depuis le début de l'année, l'association LGBTQIA+ 58 propose une fois par mois un rendez-vous au bar le Pot Commun à Nevers. Sans chichi, de manière informelle, les personnes concernées peuvent venir échanger leurs ressentis, leurs expériences et trouver conseils et écoute.
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Association LGBTQIA+ 58 : des permanences « où les gens se sentent en sécurité pour pouvoir se retrouver »
Depuis le début de l'année, l'association LGBTQIA+ 58 propose une fois par mois un rendez-vous au bar
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Comme l'explique Marianna membre de l'association et de permanence en cette fin juin, l'initiative « est née de la première Pride à Nevers où il y a eu énormément de monde. On s'est dit qu'il y avait un besoin. Dans la Nièvre il n'y avait pas d'association, pas de visibilité. On s'est réunis après cette Pride pour se dire « il faut essayer de proposer un lieu de rencontre ». Un lieu un peu safe où les gens se sentent en sécurité pour pouvoir se retrouver et parler. »
« Je suis déterminée à faire ma vie »
Et c'est bien ce qui ce passe. Les 38 degrés de l'après-midi et le soleil de plomb n'ont pas empêché les habitués de venir. Tous n'ayant pas les mêmes raisons de faire appel à l'association. Ainsi Sissi, Callistus et Ibrahim « viennent de pays qui condamnent l'homosexualité, la pénalise. Et qui ont fuit leur pays parce qu'ils étaient en danger » explique Marianna. Un danger réel, un danger imminent. Celui d'être assassinés en raison de leur orientation sexuelle. Arrivée depuis quelques mois en France, Sissi a quitté le Congo. Entre sourire et émotion elle explique : « je suis lesbienne depuis mon enfance. J'ai été rejetée par mes parents. J'ai beaucoup souffert. Mariage forcé... J'ai toujours rêvé de faire ma vie. Je suis homosexuelle, je suis fière de l'être (...) Aujourd'hui, je suis dans la joie et je suis déterminée à faire ma vie. »
« Quand j'ai fait mon coming out sur Nevers il n'y avait absolument rien »
Zoé elle, n'a pas les mêmes motivations. « Je suis une femme trans, explique cette neversoise pur jus. J'ai fait mon coming out assez récemment. Et le fait est que quand j'ai fait mon coming out, sur Nevers il n'y avait absolument rien. (...) C'est important de pouvoir parler avec des gens qui en sont à différentes étapes. Quand j'échange avec des personnes plus jeunes, je m'aperçois qu'elles n'ont pas l'assurance que je peux avoir. (...) Je viens en partie pour moi parce que ça me permet de parler avec des gens avec qui j'ai une expérience similaire. Mais je viens aussi pour les autres parce que je sais qu'il y a des gens, notamment sur un parcours trans-féminin qui ont des questions, ne sont pas sûrs. Et moi si je peux les éclairer, donner des conseils, c'est important ». L'association joue donc un rôle primordial dans le département et mène d'autres actions. Car rien n'est acquis et la tolérance n'est souvent pas de mise. En 2024, selon le ministère de l'intérieur, les infractions anti-lgbtqia+ ont augmenté de 5% en France. L'homosexualité est elle réprimée dans 64 pays dans le monde.
Pratique : L'association LGBTQIA+ 58 est à retrouver sur Facebook. Contact lgbtqia58@riseup.net
Permanence au Pot Commun 12 rue de la Jonction à Nevers le 4ème mercredi du mois de 16h à 20h.







