Paris, 27 décembre 2025 - C’est un chiffre qui interpelle. Sur environ 6 000 colis de la plateforme de vente en ligne Shein contrôlés à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, un produit hors textile sur quatre a été jugé non conforme par les services des douanes françaises. Une proportion élevée qui met en lumière les failles persistantes du commerce en ligne international.

Un contrôle d’ampleur inédite

Menée sur plusieurs jours à l’automne, l’opération a ciblé des milliers de colis en provenance de Chine et destinés à des consommateurs français. Si les vêtements, cœur de métier de Shein, n’étaient pas concernés, les contrôles se sont concentrés sur d’autres catégories de produits : cosmétiques, petits appareils électroniques, jouets, objets de décoration ou accessoires du quotidien.

Les agents des Douanes françaises ont alors mis au jour de nombreux manquements à la réglementation européenne. Marquages obligatoires absents ou incorrects, normes de sécurité non respectées, étiquetage incomplet : autant d’irrégularités qui rendent ces produits illégaux à la vente sur le marché français.

Des risques bien réels pour les consommateurs

Au-delà des aspects réglementaires, les douanes alertent sur les dangers concrets posés par certains articles contrôlés. Dans plusieurs cas, des produits présentaient des risques électriques, mécaniques ou chimiques, notamment dans des cosmétiques ou des objets en plastique susceptibles d’être manipulés par des enfants. Les marchandises jugées non conformes ont été immédiatement retirées du circuit de distribution, puis détruites ou renvoyées vers leur pays d’origine.

Pour les autorités, ces résultats confirment une tendance inquiétante liée à l’explosion du nombre de petits colis importés via les plateformes de e-commerce à bas prix. « Le consommateur n’a souvent aucun moyen de vérifier la conformité réelle de ces produits », rappellent les douanes.

Shein se défend, les contrôles vont se poursuivre

De son côté, Shein assure coopérer avec les autorités et affirme renforcer ses contrôles internes. La plateforme rappelle que les produits hors textile ne représentent qu’une part limitée de ses ventes et qu’elle retire rapidement les articles signalés comme non conformes.

Ces assurances n’empêchent pas les pouvoirs publics de hausser le ton. Ce contrôle massif s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de la surveillance du commerce en ligne transfrontalier. D’autres opérations du même type sont déjà annoncées pour 2026, avec un double objectif : mieux protéger les consommateurs et rétablir une concurrence équitable avec les entreprises respectant les règles européennes.

À l’approche des périodes de forte consommation, les autorités appellent à la vigilance : derrière les prix très attractifs, certains achats en ligne peuvent cacher de réels risques pour la sécurité.