A. Lucas : un premier EP en trois lettre qui mêle cœur, culture et conviction
Culture · Par Théo L.V. ·Le vendredi 16 mai 2025 à 14h05
Photo The Vox
C’est dans le calme feutré d’une médiathèque qu’A. Lucas, artiste franco-camerounais, a choisi de se livrer. Un lieu symbolique pour lui, où l’art s’exprime au pluriel. “Tout commence ici, dit-il. En tant qu’artiste et père, la médiathèque est un endroit important. On y découvre, on y apprend, on y rêve.”
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Trois lettres, mille histoires : entretien pour le premier EP d'A. Lucas
C'est dans le calme feutré d'une médiathèque qu'A. Lucas, artiste franco-camerounais, a choisi de se livrer. Un lieu symbolique pour lui, où l'art (...)
Une enfance bercée par la musique
Né au Cameroun, A. Lucas grandit dans un environnement où la musique fait partie intégrante du quotidien. “Chez nous, en Afrique, la musique est culturelle”, explique-t-il.
Sa mère, figure centrale de son éveil musical, écoutait autant Michael Jackson que Céline Dion. “J’ai baigné très jeune dans une diversité folle d’univers musicaux.”
Mais c’est enAllemagne, puis en France que le déclic artistique se produit. Il découvre MTV et, avec elle, un clip de Master P. “Ce n’était pas juste la musique. C’était un mindset, une mentalité d’entrepreneur, un modèle de réussite. J’ai vu des Noirs réussir à haut niveau, ça m’a profondément marqué.”
Une identité multiculturelle
A. Lucas se décrit comme un artiste “ouvert”, riche d’un héritage multiculturel. “Ma mère est africaine, j’ai vécu en France, j’ai des attaches avec les États-Unis… Cette diversité influence ma musique. Je ne me limite à rien.” Il cite autant le rap américain que le rock ou l’électro parmi ses sources d’inspiration.
Les débuts avec Nessi Wait
C’est au collège, à Épernay, qu’il fait une rencontre décisive : celle de Nesyou 8. Ensemble, ils montent un duo de rap. “Au début, c’était pour rigoler”, confie-t-il. Très vite, une surveillante les met en contact avec un studio d’enregistrement. “C’est là que tout a changé. Passer d’un enregistrement au téléphone à un vrai micro, un casque, une cabine… Quand j’ai entendu ma voix pour la première fois, j’ai su que je tenais quelque chose.”
Ils reprennent des instrus de 50 Cent, Akon et réécrivent les paroles puis chantent en anglais. À 14 ans, A. Lucas ne parle pas encore d’ambition, mais de rêve. “Je chantais la sincérité, les rêves, la jeunesse. J’étais plus rêveur que rebelle.”
Un parcours atypique, mais formateur
Il confesse s’être souvent ennuyé à l’école. “Dès que j’ai connu la musique, l’école est devenue un stage pour moi. J’avais hâte que ça se termine.” Il poursuit tout de même jusqu’à un BEP Vente. “Et j’en retire une leçon précieuse, un artiste, c’est aussi un entrepreneur. Il faut savoir se vendre.”
De Cannes aux JO
Le Festival de Cannes a été pour lui un lieu d’échanges riches et inattendus, un terrain où la qualité de son travail lui a ouvert des portes.
Plus récemment, sa collaboration avec Cappadona, membre du légendaire Wu-Tang Clan, lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, a été une autre étape importante. Au-delà de la musique, cette rencontre lui a permis d’échanger sur les différences culturelles entre la France et les États-Unis, notamment sur des réalités sociales souvent méconnues des artistes américains.
Premier EP – THREE LETTERS
Son EP, entièrement en anglais, reflète cette sincérité accrue qu’il ressent en s’exprimant dans cette langue. Très personnel, il y aborde notamment des thèmes familiaux forts, comme le lien avec son frère. Sa femme y occupe aussi une place importante, symbolisant un soutien intime et quotidien.
Enfin, il évoque avec une philosophie positive son rapport à l’échec, qu’il considère comme un passage obligé et bénéfique dans tout parcours artistique. Pour lui, échouer c’est apprendre, grandir et devenir meilleur, une vision qu’il souhaite transmettre à travers sa musique.
Ce nouvel EP, mêlant influences africaines et américaine, est donc bien plus qu’une simple sortie, c’est un témoignage de vie, une étape essentielle dans l’évolution d’un artiste prêt à conquérir un public élargi. Un premier pas avant le prochain, l’album ?...









