Adieu à Philippe Labro : l’éternel curieux, le visionnaire aux mille talents
Culture · Par Manuel Houssais ·Le mercredi 4 juin 2025 à 18h29 ·mis à jour le 04/06/2025 à 18:34
Avec la disparition de Philippe Labro, c'est une figure emblématique du paysage médiatique et culturel qui nous a quittés à 88 ans. Journaliste, écrivain, cinéaste et parolier, il a marqué son époque par une curiosité insatiable au cours de ses 68 ans de carrière. Son parcours exceptionnel, à l'image de sa personnalité, a traversé les frontières des disciplines et des continents, laissant une empreinte indélébile dans le cœur de ceux qui l'ont connu et admiré. « Il faut vivre la main ouverte, parce que la chance est un oiseau et quand elle passe, il faut la saisir », métaphore indienne qui était son mantra.
Un homme aux mille vies
Philippe Labro a commencé sa carrière en tant que journaliste, un métier qui l'a conduit des États-Unis, où il a étudié grâce à une bourse, aux zones de conflit les plus intenses du XXe siècle. Il a couvert des événements majeurs tels que la guerre du Viêt Nam et l'assassinat de John F. Kennedy, travaillant pour des médias prestigieux comme RTL et Europe 1. Son engagement pour l'information et son style unique ont fait de lui une référence précieuse dans le journalisme hexagonal.
Le cinéma et la littérature : des passions dévorantes
Dans les années 1970 et 1980, Labro s'est tourné vers le cinéma, réalisant plusieurs films marquants tels que "Sans mobile apparent" et "L’Héritier". Ces œuvres, souvent explorant les thèmes de l'identité et de la résilience, reflètent sa profondeur et sa complexité en tant qu'artiste. Parallèlement, il a poursuivi une carrière littéraire prolifique, publiant des romans qui interrogent les vertiges de l'existence humaine. Son dernier roman, "Deux gimlets sur la 5ème avenue", publié en octobre 2024, témoigne de son talent inépuisable pour capturer les subtiles nuances de la condition humaine.
Un héritage culturel inestimable
Philippe Labro était également un parolier talentueux, écrivant des chansons pour des artistes légendaires comme Johnny Hallyday et Jane Birkin. Sa capacité à toucher les cœurs à travers les mots, qu'ils soient écrits pour la page, l'écran ou la musique, démontre une sensibilité rare et un engagement profond envers l'art sous toutes ses formes. En 2005, il a cofondé la chaîne Direct 8, devenue C8, où il a continué à innover et à inspirer au travers de son émission culturelle « L’Essentiel chez Labro ».
Philippe Labro laisse derrière lui un héritage culturel immense. Son esprit visionnaire et son amour pour les arts continueront d'inspirer les générations futures à l’instar de ses collègues journalistes Bernard Pivot et Jacques Chancel. Il adorait les citations, celle de Paul Valéry : « J’ai beau faire, tout m’intéresse ».









