Le film suit un jeune homme en quête de repères, coincé entre un pavillon familial étouffant et une société qui lui semble hostile. « C'est l'histoire de plein de gens autour de moi, et de moi-même », explique Jauvat. « On a tous eu cette to-do list de l'adulte – permis, boulot, amour, indépendance – et le sentiment de ne jamais réussir à tout cocher. »

Un titre qui joue avec les clichés

« Baise-en-ville » est une expression qui a immédiatement séduit le réalisateur. « C'est un titre anti-programmatique », précise-t-il. « On pourrait croire à une comédie grivoise, alors que le film parle exactement du contraire : une masculinité en crise, un rapport à la sexualité et à l'amour loin des clichés. »

Le film aborde aussi les galères des transports en commun, ces « noctiliens » qui rythment les nuits des banlieusards. « J'ai passé des années à rater des trains, à attendre des bus dans le froid », se souvient Jauvat. « Ces moments, je les ai transformés en poésie. Parce que même dans la merde, il y a de la beauté. »

Un personnage entre absurdité et tendresse

Martin Jauvat incarne lui-même le héros du film, un jeune homme qui enchaîne les petits boulots ubuesques. « J'aime montrer ces gens qui inventent des combines pour survivre », explique-t-il. « J'ai créé une start-up de nettoyage de soirées, Allo Nettoyo, parce que c'est drôle de voir un gars qui bosse la nuit pendant que les autres s'éclatent. »

Le tournage a été physique. « J'ai perdu 15 kilos avant de commencer », avoue-t-il. « Il fallait que je sois en forme pour les cascades et les scènes de combat. J'ai pensé à Jackie Chan et Pierre Richard – des athlètes du rire. »

Une comédie qui ose bousculer les codes

« Baise-en-ville » se distingue par son esthétique colorée et son ton unique. « Je ne voulais pas d'une comédie française classique, avec des champs-contrechamps et des blagues faciles », affirme Jauvat. « J'ai été inspiré par Wes Anderson, Bong Joon-ho, et même les BD pour enfants comme Tintin ou Spirou. »

Le réalisateur assume un cinéma engagé, mais jamais moralisateur. « Je veux faire rire, mais aussi parler de notre société malade », résume-t-il. « Derrière les gags, il y a une critique des inégalités, de la précarité, mais toujours avec légèreté. »

Un casting entre complicité et audace

Le film réunit des talents variés :

-Emmanuelle Bercot, « une actrice géniale qui a tout de suite compris le ton ».

-Michel Hazanavicius, « un ami qui a accepté de jouer le père, un rôle drôle et touchant ».

-Anaïde Rozam, « une révélation, qui a apporté une énergie folle ».

« J'ai écrit les rôles en pensant à eux », confie Martin Jauvat. « Avec Emmanuelle, on a construit le personnage ensemble. Elle a une capacité à passer du drame à la comédie qui est rare. »

Un cinéma qui parle aux jeunes générations

« Baise-en-ville » est un film qui résonne avec les 20-30 ans. « Je veux dire aux jeunes : exprimez vos émotions, parlez sincèrement », déclare Martin Jauvat. « Mon personnage apprend que communiquer, ça libère. »

Le réalisateur prépare déjà la suite. « Je travaille sur un nouveau projet, drôle et politique, avec un peu d'action », annonce-t-il. « Et je coécris la suite de Problemos avec Éric Judor. »

À voir absolument

« Baise-en-ville »

Sortie en salles : 28 janvier 2026

Avec : Martin Jauvat, Emmanuelle Bercot, Michel Hazanavicius, Anaïde Rozam

Production : Emmanuel Chaumet (Les Films du Worso)

« Le cinéma, c'est un miroir tendu vers la société », rappelle Martin Jauvat. Avec « Baise-en-ville », il prouve que la comédie peut être à la fois hilarante et profondément humaine.