Une disparition qui touche le cœur du rap français

Calbo, de son vrai nom Calbony M’Bani, est décédé le 4 janvier 2026 à l’âge de 53 ans. L’annonce a été faite par ses proches via un message publié sur les réseaux sociaux du groupe Ärsenik. Aucune précision n’a été communiquée concernant les circonstances de sa mort. Très vite, la nouvelle a suscité une vague d’émotion dans le milieu musical, en particulier au sein de la scène hip hop française qu’il a contribué à structurer et à populariser.

De Villiers-le-Bel à la reconnaissance nationale

Né le 22 septembre 1973 à Villiers-le-Bel, dans le Val d’Oise, Calbo grandit dans un environnement marqué par l’émergence du hip hop en banlieue parisienne. Avec son frère Lino, il fonde au début des années 1990 le duo Ärsenik. Leur premier album Quelques gouttes suffisent…, sorti en 1998, s’impose rapidement comme un classique du rap français. Porté par des textes sombres, techniques et engagés, le disque rencontre un large succès et est certifié double disque d’or.

Ärsenik devient alors l’un des fers de lance du collectif Secteur Ä, aux côtés d’artistes majeurs de l’époque. Cette dynamique collective contribue à installer durablement le rap français dans le paysage culturel grand public, sans renoncer à une parole exigeante et ancrée dans le réel.

Une trajectoire artistique respectée

Après un second album publié en 2002, Quelque chose a survécu…, Calbo poursuit son parcours de manière plus discrète, tout en restant une référence pour de nombreux rappeurs. En 2022, il signe un retour remarqué avec un projet solo, Quelques gouttes de plus, prolongeant l’univers et la cohérence artistique qui ont fait sa réputation.

Tout au long de sa carrière, Calbo s’est distingué par une écriture précise, une voix grave reconnaissable et une posture à la fois combative et introspective. Son travail a influencé plusieurs générations d’artistes, bien au-delà de son propre public.

Une pluie d’hommages

Depuis l’annonce de son décès, les messages de respect et de tristesse se multiplient. Le rappeur Rohff a salué « un grand monsieur du rap et un grand frère de la vie » sur le réseau X. Kery James a rappelé la bienveillance de l’artiste, déclarant que « chaque rencontre avec Calbo était remplie d’amour ». D’autres figures du hip hop, dont Médine et Stomy Bugsy, ont également rendu hommage à celui qu’ils considéraient comme un pilier du mouvement.

Calbo laisse une œuvre qui continue de résonner auprès d’un public large, des amateurs de la première heure aux auditeurs plus jeunes. Son parcours incarne une époque charnière du rap français, marquée par l’affirmation d’une identité culturelle forte et d’une exigence artistique durable. Sa disparition marque la fin d’un chapitre important de l’histoire du hip hop en France, mais son héritage musical, lui, demeure.