« Chez la Turque » : Charles Flamand transforme sa maison d’enfance en roman
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photo: Manuel Houssais
Trente sept ans, grandi entre Bayeux et Sainte-Honorine-des-Pertes, Charles Flamand revendique ses origines normandes, même installé à Paris. Au Salon du livre de Saint-Honoré-les Bains, il présente « Chez la Turque », son premier roman publié aux éditions Au Hasard. « Enfant déjà », confie t-il « soit j’allais devenir écrivain comme Maupassant, soit journaliste comme Tintin ». Il est aujourd’hui les deux à la fois.
Une maison d’enfance devenue roman
Tout commence avec son grand père, qui lui ouvre tôt les portes d’un sanctuaire fait de livres précieux et d’odeur de papier. De cette fascination naît le désir d’explorer à nouveau les coins et recoins d’une maison, d’un jardin, d’un village. Charles Flamand parle d’un lieu source, cette matrice dont jaillit tout le texte. « Reconstruire cette maison d’encre et de papier », dit il, « c’était une façon de mériter son héritage et de la figer dans le temps ».
Un troc vénéneux entre Roland et la Turque
Le roman suit Roland Magenta, jeune éboueur au chômage, embauché par hasard dans un manoir normand décrépi. La maîtresse des lieux, qui se fait appeler la Turque, lui propose un pacte trouble, elle le peint, il écrit sa biographie, mensonges compris, avec pour promesse un possible héritage des clés du domaine. Cette histoire de vérité et de légende mêlées fait écho à sa propre histoire et à son grand père né à Constantinople aux origines familiales mystérieuses.
Un personnage né de plusieurs figures familiales
« La Turque » est une synthèse de plusieurs proches, sa grand mère peintre, son grand père aux origines ottomanes, et lui même, jusqu’à deux grains de beauté empruntés à son visage. Charles Flamand cite aussi Norma Desmond, l’actrice recluse de « Sunset Boulevard », elle aussi visitée par un jeune biographe. Fait rare, les illustrations sont d’authentiques dessins de sa grand mère, une œuvre pour chacune des quatre parties du roman.
Une Normandie où les genres se mélangent
Entre pages naturalistes, odeur du varech à marée basse, parties de pêche aux crevettes, et pages plus burlesques et théâtrales, le roman assume un joyeux mélange des genres que l’auteur rattache à une tradition normande de tolérance. Dès septembre, il lance un podcast, « Traitement de texte », consacré à la façon dont les écrivains trouvent leur voix. Un second roman est en chantier, du côté des temples mayas de Palenque, au Mexique.
« Chez la Turque », thriller champêtre faussement léger où la Normandie devient un miroir tordu de nos quêtes d’appartenance, paraît aux éditions Au Hasard.







