« In The Soup » : Quand le cinéma indépendant américain renaît grâce à la passion des distributeurs
Culture · Par Manuel Houssais ·Le lundi 22 décembre 2025 à 15h40
Steve Buscemi dans "In The Soup" de Alexandre Rockwell (1992)
Lilou Parente, distributrice de cinéma chez Contre-Jour, évoque la ressortie du film culte « In The Soup » d'Alexandre Rockwell. Ce long-métrage, restauré en 4K grâce à une campagne participative, incarne l'esprit du cinéma indépendant américain des années 90. Entre précarité artistique, quête de reconnaissance et passion inébranlable, ce film résonne avec une actualité brûlante.
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Regards croisés
"In The Soup" : Un film culte des années 90 qui parle toujours à notre époque
Lilou Parente, distributrice chez Contre-Jour et William Robin (Sceni Qua Non), évoquent la ressortie du film culte « In The Soup » d'Alexandre (...)
Un film qui parle à notre époque
"In The Soup est une œuvre qui aborde des thèmes universels : la précarité des artistes, la quête de sens et la lutte pour exister dans un milieu souvent impitoyable" explique Lilou Parente. Ce film, qui mêle comédie et drame, suit le parcours d'un jeune réalisateur new-yorkais, Aldolfo, qui tente de financer son premier film. Une histoire inspirée de la vie même d'Alexandre Rockwell, qui a tourné ce film avec un budget dérisoire et une équipe de passionnés.
"C'est un film qui montre comment, malgré les difficultés, on peut créer quelque chose de beau et de puissant", souligne Lilou Parente. "C'est un hommage à tous ceux qui croient en leur art, même quand le monde ne les soutient pas."
La restauration : un acte de résistance culturelle
La ressortie de « In The Soup » a été rendue possible grâce à une campagne participative. "Ce processus est crucial pour les films indépendants, car il permet de les sauver de l'oubli", précise Lilou Parente. "Sans cette mobilisation, des œuvres comme celle-ci disparaîtraient, faute de moyens pour les numériser."
Le film, tourné en noir et blanc avec une pellicule rare, a été restauré pour retrouver toute sa puissance visuelle. "C'est un travail de longue haleine, mais c'est essentiel pour préserver notre patrimoine cinématographique", ajoute-t-elle.
Le rôle clé des distributeurs
Lilou Parente décrit son métier comme celui d'un "éditeur de films". "Nous choisissons des œuvres qui nous touchent, qui ont une valeur artistique et qui méritent d'être partagées avec le plus large public possible."
Chez Contre-Jour, la philosophie est claire : "Nous croyons en un cinéma qui parle aux gens, qui les émeut et qui les fait réfléchir." Leur catalogue, éclectique, va des films tchèques des années 60 au cinéma indépendant américain, en passant par des documentaires engagés.
"Notre objectif est de créer des moments de partage, de recréer cette magie du cinéma en salle, où le public peut échanger et vivre une expérience collective", confie-t-elle.
Une rétrospective pour redécouvrir Alexandre Rockwell
La ressortie de « In The Soup » s'inscrit dans une rétrospective dédiée à Alexandre Rockwell, un cinéaste trop souvent méconnu. "C'est un réalisateur qui a inspiré toute une génération, de Tarantino à Sean Baker", rappelle Lilou Parente.
William Robin, directeur de Sceni Qua Non, souligne l'importance de cette rétrospective : "Rockwell est un pionnier du cinéma indépendant. Ses films, comme « In The Soup », montrent ce qui se passe dans l'ombre d'Hollywood, loin des projecteurs."
Où et quand voir « In The Soup » ?
Le film sera projeté le 15 janvier à 20h30 au Crystal Palace de La Charité-sur-Loire, en présence d'Alexandre Rockwell. D'autres séances sont prévues dans plusieurs cinémas de la Nièvre et du Morvan tout au long de l'année 2026.
"C'est un film drôle, touchant et profondément humain", conclut William Robin. "Que vous soyez cinéphile ou simple amateur, vous passerez un excellent moment."
Pour en savoir plus :
- Site de Contre-Jour
- Site de Sceni Qua Non
"In The Soup" : Un film qui parle à notre époque, plus que jamais.








