« L’Arnaqueuse » : Wilfried Méance revisite « Le Viager » avec Josiane Balasko et une troupe généreuse.
Culture · Par Manuel Houssais ·Le mardi 21 avril 2026 à 18h47 ·mis à jour le 22/04/2026 à 09:50
À l’occasion de la 26e édition du Festival du cinéma européen de Meyzieu, Wilfried Méance, réalisateur français qui pratique l’art de la comédie avec brio, a présenté son nouveau long-métrage, « L’Arnaqueuse ». Ce film, qui sort sur les écrans le 22 avril, propose une réinterprétation malicieuse du classique « Le Viager » de Pierre Tchernia, avec une touche féminine et résolument moderne. Entre anecdotes de tournage, hommage aux générations d’acteurs et réflexion sur le déterminisme social, Wilfried Méance nous livre les clés de son univers : un cinéma coloré, rythmée et profondément humain.
« Le court-métrage a été pour moi une école formidable, une carte de visite pour convaincre les producteurs, mais aussi un terrain d’apprentissage pour diriger des comédiens et des équipes », confie-t-il. Une leçon de patience et de passion, qu’il applique aujourd’hui avec talent dans ce projet ambitieux.
Le court-métrage, tremplin indispensable
Pour Wilfried Méance, le passage par le court-métrage n’est pas une option, mais une nécessité. « C’est essentiel avant de se lancer dans le long-métrage », affirme-t-il. Ces premières œuvres lui ont permis de forger son style, de tisser des liens avec des producteurs et d’acquérir une rigueur aujourd’hui visible dans sa direction d’acteurs. « J’ai appris à connaître le rythme de chacun, ceux qui arrivent avec leur texte su par cœur, et ceux qui préfèrent l’instinct », explique-t-il. Une approche sur mesure, adaptée à chaque comédien, pour en tirer le meilleur parti.
« L’Arnaqueuse » : « Le viager » revisité avec audace
Inspiré du classique de Pierre Tchernia « Le Viager », « L’Arnaqueuse » en propose une version féminine et subversive. « Et si le propriétaire du viager était une arnaqueuse ? », telle est la question au cœur du scénario. Josiane Balasko y incarne Madame Massena, un personnage caméléon, changeant de costume et de perruque à chaque scène, avec une galerie de seconds rôles savoureux : Henri Guybet, Amaury de Crayencour, Jean-Pascal Zadi, ou encore Fadily Camara.
« Ce qui m’a plu, c’était de créer un duel de générations, entre Josiane Balasko et la nouvelle scène », souligne Méance. « Et puis, il y a eu cette alchimie incroyable entre Henri Guybet et Josiane, qui ne s’étaient pas vus depuis 30 ans. Sur le plateau, ils étaient comme deux enfants qui se retrouvent. » Une bienveillance et une transmission qui ont marqué le tournage.
Une mise en scène rythmée et colorée
Wilfried Méance puise son inspiration dans les comédies anglaises comme « Un poisson nommé Wanda », avec une tonalité poussée vers le burlesque, presque cartoon. « Je voulais un film coloré, rapide, avec une musique rythmée, comme celle de Daniel Pemberton ou des Ocean’s », précise-t-il. Le résultat ? Une comédie visuellement généreuse, où chaque plan sert l’énergie du récit.
Un message universel : le déterminisme social
Derrière l’humour et les quiproquos, « L’Arnaqueuse » aborde un thème profond : « Ce qui m’intéressait, c’était de parler de déterminisme social. Il faut se battre, rien n’est inaccessible si on y met les moyens. Mais il ne faut pas laisser ses valeurs en chemin », résume Wilfried Méance. Un message optimiste et engagé, porté par une troupe unie et talentueuse.
« L’Arnaqueuse », réalisé par Wilfried Méance, avec Josiane Balasko, Fadily Camara, Jean-Pascal Zadi, Henri Guybet et Amaury de Crayencour. Durée 1h22. Sortie nationale le 22 avril 2026.









