« Le court-métrage a été pour moi une école formidable, une carte de visite pour convaincre les producteurs, mais aussi un terrain d’apprentissage pour diriger des comédiens et des équipes », confie-t-il. Une leçon de patience et de passion, qu’il applique aujourd’hui avec talent dans ce projet ambitieux.

Le court-métrage, tremplin indispensable

Pour Wilfried Méance, le passage par le court-métrage n’est pas une option, mais une nécessité. « C’est essentiel avant de se lancer dans le long-métrage », affirme-t-il. Ces premières œuvres lui ont permis de forger son style, de tisser des liens avec des producteurs et d’acquérir une rigueur aujourd’hui visible dans sa direction d’acteurs. « J’ai appris à connaître le rythme de chacun, ceux qui arrivent avec leur texte su par cœur, et ceux qui préfèrent l’instinct », explique-t-il. Une approche sur mesure, adaptée à chaque comédien, pour en tirer le meilleur parti.

« L’Arnaqueuse » : « Le viager » revisité avec audace

Inspiré du classique de Pierre Tchernia « Le Viager », « L’Arnaqueuse » en propose une version féminine et subversive. « Et si le propriétaire du viager était une arnaqueuse ? », telle est la question au cœur du scénario. Josiane Balasko y incarne Madame Massena, un personnage caméléon, changeant de costume et de perruque à chaque scène, avec une galerie de seconds rôles savoureux : Henri Guybet, Amaury de Crayencour, Jean-Pascal Zadi, ou encore Fadily Camara.

« Ce qui m’a plu, c’était de créer un duel de générations, entre Josiane Balasko et la nouvelle scène », souligne Méance. « Et puis, il y a eu cette alchimie incroyable entre Henri Guybet et Josiane, qui ne s’étaient pas vus depuis 30 ans. Sur le plateau, ils étaient comme deux enfants qui se retrouvent. » Une bienveillance et une transmission qui ont marqué le tournage.

Une mise en scène rythmée et colorée

Wilfried Méance puise son inspiration dans les comédies anglaises comme « Un poisson nommé Wanda », avec une tonalité poussée vers le burlesque, presque cartoon. « Je voulais un film coloré, rapide, avec une musique rythmée, comme celle de Daniel Pemberton ou des Ocean’s », précise-t-il. Le résultat ? Une comédie visuellement généreuse, où chaque plan sert l’énergie du récit.

Un message universel : le déterminisme social

Derrière l’humour et les quiproquos, « L’Arnaqueuse » aborde un thème profond : « Ce qui m’intéressait, c’était de parler de déterminisme social. Il faut se battre, rien n’est inaccessible si on y met les moyens. Mais il ne faut pas laisser ses valeurs en chemin », résume Wilfried Méance. Un message optimiste et engagé, porté par une troupe unie et talentueuse.

« L’Arnaqueuse », réalisé par Wilfried Méance, avec Josiane Balasko, Fadily Camara, Jean-Pascal Zadi, Henri Guybet et Amaury de Crayencour. Durée 1h22. Sortie nationale le 22 avril 2026.